Plusieurs incendies se sont déclenchés en divers endroits du territoire de la daïra de M’Chedallah, ravageant des centaines d’hectares de végétation vierge. Ces incendies survenus simultanément ont contraint les services de la Protection civile à mobiliser tous leurs moyens matériels et humains, appelés à intervenir en plusieurs endroits à la fois et à y faire face à de multiples foyers attisés par des vents assez forts et permanents. La progression du feu et sa vitesse dépendent de la qualité de la végétation où il s’est déclaré. Quand ce sont des buissons de bruyère ou de jeunes chênes, il peut être rapidement circonscrit, mais s’agissant de terrains composés de pins d’Alep, le feu se propage à une vitesse fulgurante dans toutes les directions, sachant que le pin d’Alep contient une résine hautement inflammable, ensuite le fruit « pomme de pin » en plus de cette résine, contient des gaz qui, une fois allumés, propulsent le fruit qui devient un projectile incendiant sur plusieurs centaines de mètres, qui se charge, à son tour, d’allumer le feu sur son lieu d’atterrissage à partir des broussailles et l’herbe sèche, ce qui n’est pas sans danger pour les pompiers qui se retrouvent souvent, sans savoir comment, cernés et encerclés par les flammes, un piège souvent mortel car même si on l’échappe aux flammes, la fumée et la rareté de l’oxygène provoquent l’asphyxie par suffocation. Un fait, qui doit être dénoncé, est l’indifférence totale des citoyens face à ces incendies, même quand c’est leurs propres terrains qui sont menacés. « C’est l’affaire des pompiers », rétorquent-ils. Notons que quel que soit le nombre d’effectif de l’unique unité de la Protection civile pour toute la daïra de M’Chedallah, cette institution ne pourrait jamais faire face toute seule aux incendies, les accidents de circulation ou accidents domestiques, qui triplent durant toute la période chaude, soit de juin à novembre au vu du nombre impressionnant de ce genre d’incidents qui s’y produisent. C’est pratiquement le plan ORSEC qui doit être déclenché.
Omar Soualah
