Appelé « thaqaats idheballen » ou pompeusement, le POS A5, la nouvelle ville d’Aït Yahia tarde à faire honneur à son statut. Des dizaines d’immeubles, un lycée et plusieurs autres structures, en voie d’achèvement ne suffisent pas aux autorités locales pour se pencher sur l’état du chemin qui y mène. Une petite piste de cinq cent mètres, permettant à peine à deux véhicules de se croiser, représente le seul accès aux lieux. « Nous avons adressé plusieurs réclamations à l’APC. Les responsables promettent à chaque fois de s’en occuper sans mettre à exécution leur promesse », indique un locataire de la cité dont la voiture s’est enlisée à plusieurs reprises. Les dernières pluies ont failli être la cause d’un drame. On nous rapporte qu’un malade épileptique a dû être évacué sur le dos de ses proches, faute de moyens de transport. Les taxis refusent d’emprunter cette voie cahoteuse. Ceux qui s’y aventurent risquent à chaque fois de s’embourber et ne s’en sortent qu’avec maintes difficultés, grâce à l’aide de bonnes volontés. Tombé dans une marre d’eau, un automobiliste nous raconte que l’eau a noyé le moteur de son véhicule. Comment faire alors pour s’approvisionner en gaz ou tout simplement transporter un malade à l’hôpital ? se demandent les concernés. Avec le soleil de ces dernières semaines, le sol s’est asséché, permettant à nouveau une circulation bien que difficile aux voitures. Les habitants craignent le retour de la pluie qui les isolera, une fois encore. On leur dit que « le projet de revêtement en tapis bitumineux existe. Il sera réalisé bientôt ». Cependant les locataires qui entendent cette phrase à chaque réclamation ne veulent pas y croire. « Qu’on nous dise quand ? » affirme un père de famille qui nous fait part des difficultés que rencontrent les enfants pour se rendre à l’école située à plus de deux kilomètres de chez eux. « En attendant le bitume nous demandons à la mairie de faire preuve de bonne volonté en recouvrant la piste par une couche de tuf », proposent les locataires.
A. O. T.
