A la veille comme au premier jour de l’Aïd, la ville de Boghni n’a pas connu vraiment une grande animation du fait que cette fête traditionnelle et religieuse a perdu un peu de l’intérêt qu’on lui accorde. Une virée à travers les rues commerçantes et à travers les allées du marché hebdomadaire nous a renseigné sur l’étendue de la crise du pouvoir d’achat qui continue de toucher les ménages. Tous les espaces de vente ne faisaient pas le plein en cette occasion, même si dans la matinée, une grande affluence de gens, notamment les villageois, était visible à la veille de la fête du sacrifice du mouton, dont les prix ont atteint des summums au marché à bestiaux, délocalisé loin du centre urbain.
En fait, il faut savoir que de nombreuses familles ont préféré acheter de la viande que de s’offrir un ovin, un choix constituant une aubaine pour les bouchers dont le chiffre d’affaires a atteint en l’espace de quelques jours des sommes qui échappent à tout contrôle.
Le seul abattoir de la commune géré par un privé a connu une intense activité, de même que les trottoirs transformés en espaces de vente à côté des boucheries, une pratique totalement contraire aux règles fixées pour l’exercice d’une telle activité commerciale.
Dans les villages, la solidarité et l’esprit communautaire qui s’exprimaient à travers Timechret, une tradition qui a toujours consacré les valeurs d’entraide et d’altruisme, ont complètement disparus, peut être, à cause de la disparition des liens sociaux et l’avènement.
En dépit de ce changement, la fête au village est célébrée avec une forme de convivialité au sein des familles au vu du mouvement qu’on a constaté dans les arrêts réservés aux transporteurs, où chacun essaye de se débrouiller, pour rendre visite à un parent ou un proche, des fois en attendant des heures, comme c’est le cas lorsqu’il s’agit de se déplacer à Aït Ali, à Helouane et dans d’autres contrées situées dans les zones les plus reculées de la daïra de Boghni.
En somme, l’Aïd de cette année, avec l’érosion du pouvoir d’achat, n’a pas eu l’engouement tant espéré chez les ménages et moins encore chez ceux qui ont espéré plus de profits.
M. Haddadi
