Sidi Saïd veut implanter l’UGTA dans l’université

L’occasion de l’installation de la commission nationale de préparation de la Conférence nationale UGTA de l’enseignement supérieur a été saisie hier par le premier responsable de la Centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd pour démentir l’existence d’une éventuelle scission au sein de l’UGTA et confirmer la totale convergence des idéaux de ses syndicalistes. Sidi Saïd affirmera que la présence lors de cette rencontre de la moitié du secrétariat est un signe fort que la vision du mouvement syndical ne souffre d’aucune divergence. Il expliquera qu’ « il n’y ni hiérarchie administrative, ni chef. On constitue un groupe de syndicalistes qui respectent la déontologie syndicale » et soutiendra que l’UGTA n’est pas là pour casser les libertés syndicales et n’a aucun complexe ou préjugés par rapport aux syndicats autonomes. En rappelant que c’est le regretté Benhamouda et lui-même qui étaient derrière la loi 90-14 portant sur les libertés syndicales, Sidi Saïd lancera un appel à tous les syndicalistes pour être complémentaires dans la défense de leurs droits parce que « plus la famille s’agrandit, plus la lutte syndicale s’affirme », ajoutera-t-il. Toutefois, le patron de l’UGTA qui niera toute attitude caporaliste ou ingérence dans les affaires des syndicats autonomes reconnaîtra que ces derniers sont en souffrance dans le monde entier et fera savoir qu’une démarche internationale qui se dirige vers l’installation d’une centrale syndicale est en débat. Il estimera qu’il est utile d’engager chez nous un travail de réflexion sur ce sujet et insistera sur la nécessité de la complémentarité totale et l’autonomie absolue. Il admettra également que l’UGTA a une certaine responsabilité dans le départ de beaucoup de ses syndicalistes, qui sont allés ailleurs pour exprimer leurs idées parce qu’ils étaient « frustrés dans la base ». Une situation qu’il souhaiterait ne plus revivre, et cela en transmettant une circulaire à toutes les sections de l’UGTA pour ouvrir leurs portes à l’ensemble des syndicalistes qui exprimeront le vœu de s’affilier à la centrale syndicale. Les enseignants du supérieur et les travailleurs des œuvres sociales auront leurs syndicatsAbordant le sujet de l’enseignement supérieur, Sidi Saïd s’excusera d’abord auprès des professeurs universitaires qui sont « défavorisés » et surtout « mal considérés » et plaidera pour plus de possibilités d’épanouissement pour les chercheurs universitaires auxquels il faut rendre leurs titres de noblesse. Il enchaînera que l’élite dont le rôle est primordial dans toute société qui souhaite s’émanciper « vit dans notre pays à la limite de la mendicité » et annoncera que l’UGTA s’achemine vers une présence du corps des enseignants universitaires dans ses sections et cela à travers la création imminente de deux syndicats dont l’un se chargera de la défense des droits des enseignants du supérieur et l’autre se penchera sur les préoccupations des travailleurs des œuvres sociales. L’ UGTA et le patronat se rendent chez Tayeb Louh aujourd’huiConcernant les résultats réalisés par les travailleurs et l’avenir des négociations pour de plus importants acquis, Sidi Saïd dira qu’un cap capital a été franchi avec la dernière augmentation des salaires mais soulignera que deux étapes non moins importantes attendent d’être accomplies. En premier lieu, la grille des salaires qui nécessite encore du temps pour sa refondation avec un réel travail scientifique, puis le statut particulier dont il est impossible de parler avant l’élaboration de la grille de salaire. Le secrétaire général de l’UGTA précisera que ce point n’est pas inscrit dans l’ordre du jour de la tripartite. Par contre, le pacte social et économique, l’une des questions qui seront traitées lors de cette rencontre programmée pour le mois de septembre prochain entre le gouvernement, l’UGTA et le patronat fera l’objet d’une audience aujourd’hui au ministère du travail en présence des trois partenaires. Il sera ainsi procédé à l’installation de la commission qui sera chargée de l’élaboration du pacte social et économique.

H. Hayet