L’alimentation en eau potable semble devenir une équation difficile à résoudre dans la commune de Barbacha, dont plusieurs localités vivent depuis le début de la saison estivale au rythme des pénuries de ce liquide vital. Le dernier épisode de la série du stress hydrique s’illustre par une coupure qui a duré plus de 10 jours et ayant laissé au sec les ménages de la moitié de la population de cette municipalité. A l’origine de cette dernière coupure, une fuite, selon le responsable de la régie des eaux, sur le réseau de Bouamrane et qui alimente notamment Aït Sidi Ali, Barbacha-centre, Aguemoun et Bouncer. Si notre interlocuteur annonce que déjà une équipe de technicien est déjà sur place pour procéder à la réparation de la conduite défectueuse, il n’en demeure pas moins que la fin du problème du manque d’eau n’est pas pour demain car, parlons uniquement de ce réseau, son débit (9l/S) est en nette régression et son eau, dont la qualité est qualifiée de « lourde » de par sa forte teneur en fer, occasionne de sempiternelles pannes au niveau des 3 stations de refoulement qui pompe l’eau de base en comble sur une distance linéaire de 8 km. Un autre réseau, celui alimentant actuellement la grande localité d’Amarat via le forage d’Amizour n’est pas à l’abri de fuites et de pannes électriques qui entraîneraient de multiples perturbation en matière d’approvisionnement des foyers en eau potable. Hormis le village de Ouandadja, toutes les autres localités sont graduellement touchées par le manque d’eau à chaque été. L’APC, qui trouve du mal à gérer le grand dossier ô combien nécessaire, a pris des mesures stricts ces derniers jours en optant pour une distribution d’eau tous les 4 jours, et ce pour le centre de Barbacha. Une alimentation rationnelle qui n’a pu être respectée depuis la panne ayant touchée la conduite de Bouamrane car le chef-lieu est alimenté par un jumelage d’eau entre le réseau sus-nommé et celui de la source nommée Gammath. Ce manque d’eau à Barbacha est une histoire très ancienne, qui rentre dans le quotidien des communes des motels de cette région et qui nous rappelle aujourd’hui la contribution « historique » du Monument de la chanson algérienne Aït Menguellat à la fin des années 80, consacrée à la construction de plusieurs châteaux d’eau à Tamricht et Bouphiden. Mis à part celui de ce dernier village, le restant de ces citernes en béton ne sont que des châteaux d’eau ayant subi les offres des moisissures et des fissures. Il est vrai que depuis la réalisation du « fourrage » de Oued El Djemaâ en 2003, la situation s’est en fait amélioré mais le spectre de pannes électriques et de fuites est toujours menaçant. En dépit des sommes colossales engloutis par ce secteur, l’alimentation en eau potable reste le point noir de cette commune difficile à effacer. Cet état de figure a engendré aujourd’hui un endettement avoisinant les 300 millions de centimes. Au maintien des 6 stations de refoulement en proie à de fréquentes pannes qui exigent des sommes faramineuses, la Régie communale des eaux est dans l’impasse de faire payer le consommateur insatisfait de par la qualité d’eau et la distribution « non équitable ». La commune perd annuellement quelque 600 millions de centimes, une somme qui devait renflouer la caisse de la régie pour faire face aux pannes. Ajouter à l’entêtement des consommateurs qui refusent de payer leurs factures d’eau et qu’il est nécessaire de dénoncer. Aussi le « manque de civisme de certains citoyens par l’utilisation « abusive » de l’eau potable, et ce pour arroser leurs jardins, n’a fait qu’aggraver la situation au détriment de leurs semblables. En ces temps de disette, les citoyens qui vivent la pénurie se retournent vers des sources ancestrales, même très lointaines et vers des puits privés. Les jerricans refont surface et ce sont généralement les enfants qui endossent le fardeau. Dans une commune comme celle de Barbacha, un plan orsec est envisageable à chaque début d’été pour faire face aux pénuries durant cette période où l’utilisation du liquide précieux est accrue.
Nadir Touati
