D’aucuns pourront se demander ce qui a bien pu pousser le premier magistrat de la wilaya à se dédire d’une promesse lancée il y a quelques mois sur les ondes de la radio Soummam. En effet, le wali de Béjaïa s’était engagé, lors d’une réunion tenue avec les élus de la wilaya à différer la fermeture de l’aéroport au mois d’octobre 2006 pour l’ouverture d’une deuxième piste. Sa rétractation lors de la réunion avec la même assemblée tenue le 25 juillet 2006 a surpris tout le monde. Le premier magistrat de la wilaya a, d’un ton décisif, annoncé que l’aéroport sera fermé au plus tard le 5 août 2006. Le problème évoqué serait celui de la dangerosité de la piste. Sur ce dernier point, c’est une délégation issue d’un bureau d’études sétifien qui aurait proposé la fermeture de l’aéroport. Cette proposition sophiste, voire cette palette de contacts initiée par on ne sait qui, a soulevé l’indignation de tous les élus, qui ont quitté les travaux de la réunion. Pour certains d’entre eux, il s’agit d’un plan concocté dans les laboratoires de l’intrigue politique. Ce chamboulement a suscité beaucoup d’inquiétudes et d’appréhensions au sein de l’opinion publique qui désapprouve ces soubresauts. Comme une traînée de poudre, les citoyens de la wilaya font de cette palinodie un lien existant qui a les apparences d’un deal, voire d’un plan pour un afflux migratoire à destination des Hauts-Plateaux. Ce mécontentement populaire, dans la basse Kabylie, s’élargira à coup sûr dans cette région déjà éprouvée par une économie exsangue. Ce déséquilibre régional concourt à l’extrême onction pour cette wilaya déjà en mal de relance économique. Les élus locaux semblent, en tout cas, ne pas se soustraire de leur responsabilité et se disent ne pas être réduits à des caisses de résonance. Ainsi, il sera fait appel à un autre bureau d’études pour procéder à une contre-expertise des lieux. Pour conclure, les élus comptent aussi saisir la Direction de l’aviation civile de cet aéroport qui a tout l’air d’un élan durable à la faveur d’un flux migratoire dans une autre contrée. Le particularisme qui distingue Béjaïa d’autres régions est l’exhérédation d’hommes à défendre les acquis de cette wilaya, car la démarche initiée par les hauts responsables est une démarche faite d’exclusion et semble contraire au développement de la région qui recèle une immensité de richesses en matière de tourisme.
Mansouri AmarIhaddaden, Béjaïa
