Arrivée massive des émigrés

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l Depuis une semaine, l’arrivée des vacanciers émigrés a redoublé d’intensité, à la différence des années précédentes ; cette fois, la majorité d’entre eux ont ramené leurs familles dont certains membres, nés outre-mer, découvrent pour la première fois leur pays d’origine. Ceux que nous avions abordés se disent émerveillés par tant de beauté naturelle qui s’offre à leur regard dès la frontière franchie ; d’autres évoquent la facilité et la rapidité d’intégration à la société autochtone grâce à une hospitalité exemplaire et un accueil exceptionnellement chaleureux et convivial pour ceux qui débarquent pour la première fois au bled. Ils ne manquent pas de souligner que l’image qu’ils se sont faite ou, à proprement dire, qu’on leur a inculquée à propos de l’Algérie est tellement différente de la réalité tant sur le plan social que topographique et se disent fiers de ce qu’ils découvrent sur les deux volets. Chaque jour, les expatriés continuent à affluer vers leurs villes et villages chargés de bagages. Cette année, la mode est au caméscope dont le but est certainement d’emmagasiner le réel du pays à ceux qui n’ont pas la chance d’y venir. La remarque relevée par les anciens émigrés est l’allègement sensible des formalités douanières ainsi que l’amélioration des moyens d’accueil aux frontières où, semble-t-il, priorité est accordée aux familles. Un autre ancien émigré se dit agréablement surpris en découvrant une autoroute qui n’a rien à envier à celles de l’Europe avec les centres de… paysages en moins, les jeunes s’aperçoivent, ébahis, que leurs compatriotes autochtones maîtrisent parfaitement la langue de Molière, ce qui fait dire à l’un d’entre eux : “Chaque mètre que je fais, en foulant la terre de mes ancêtres, renferme une nouvelle surprise”. Ce qui est sûre, c’est que j’y reviendrai à chaque fois que j’aurai l’occasion : c’est un merveilleux pays dont je ne me lasserai jamais. De nombreux compatriotes de la région disent suivre de près, et chaque matin, ce qui se passe en Algérie, particulièrement en kabylie, leur région natale, en épluchant la dépêche de kabylie qui, grâce à son travail de proximité, disent-ils, allège sensiblement leur nostalgie du bled. Un jeune raconte, à propos de son père illettré, que ce dernier l’oblige chaque jour à lui lire les trois pages centrales consacrées à la kabylie. Ce jeune nous confie que la plupart des articles provoquent en son père une forte émotion au point d’en pleurer.

Omar Soualah

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