Il est vrai que durant la période estivale toute activité tourne au point mort, cela est dû aux chaleurs caniculaires, en plus du cachet spécial de la période où chacun prend ses vacances. Ce qui est surprenant, ce sont nos hommes politiques qui s’alignent avec les autres corporations en cessant toute sortie ou déclaration publique. Point d’évènement, du moins à Tizi Ouzou, des partis politiques, que ce soit en activité interne ou externe. Depuis pratiquement les élections de novembre passé, c’est l’éclipse totale, à croire à une espèce de remise des clés sous le paillasson.Plus que cela, nos partis ont les sièges pratiquement fermés, et seuls quelques militants s’y rendent mais pas pour longtemps, la permanence étant rarement assurée.Les directions nationales confinées dans la capitale, se contentent de faire des revues de presse, et de ne se sentir nullement comme acteurs de l’activité politique nationale ou régionale. Ces dernières subissent plus les évènements qu’ils n’en initient. Seuls les partis de l’Alliance présidentielle et les missions de quelques membres du gouvernement meublent les menus politiques des journaux. Les partis démocrates sont non seulement en marge et inactifs, mais totalement démissionnaires devant les quelques pulsions du courant islamiste toujours omniprésent qui saisit la moindre aubaine pour rappeler son existence. Le FLN, même s’il couve une crise latente, avec la multiplication de clans au sein de la direction nationale dont les incidences sur la base sont allées jusqu’à bloquer le parti, il reste tout de même un acteur incontournable de la vie politique nationale par le fait qu’il soit majoritaire dans toutes les institutions et aux commandes du gouvernement. Cet état de fait peut ne pas durer, le parti étant sujet à convoitises sans qu’il ne dispose d’une autorité politique et morale à même de le sécuriser.Le SG du FLN est plus porté à gérer les affaires du gouvernement qu’à s’occuper du parti.Le RND de Ahmed Ouyahia s’active à l’échelle nationale en réunissant ses bureaux régionaux, où des feuilles de route sont arrêtées pour occuper le terrain. L’exemple nous vient du RND de Tizi Ouzou, qui a concocté tout un programme d’actions ciblant le développement local. Face aux “à venir” sur le plan de la compétition électorale, le parti de Ouyahia affûte ses armes dès à présent et entend surprendre par les résultats qu’il compte réaliser. Non concernés par les congés, les cadres du RND se préparent manu militari pour la rentrée sociale où tout pourrait se jouer à compter de septembre. Le FFS et le RCD habitués à intervenir sur la même assiette de terrain, ont pour le moment signé une convention de silence, mais au plan interne les choses bouillonnent. Pour le parti de Hocine Aït Ahmed, plusieurs militants et sections qui rejettent l’équipe de la direction nationale actuelle décident de tenir un sit-in de protestation au siège national pour se faire entendre par le président, qui aurait demandé aux sections rebelles de prouver que la base rejette bien l’équipe actuelle.Pour éteindre le feu, ne serait-ce que provisoirement, des sections de Tizi Ouzou et de Béjaïa ainsi que les fédérations se sont regroupées à l’initiative de l’exécutif national et il est proposé une réconciliation avec toutes les tendances et les dissidents sans que ces derniers ne soient conviés à la rencontre.A la maison RCD, ce n’est pas la lune de miel et la non-tenue du congrès avec un retard de plus de trois ans a irrité plusieurs cadres ambitieux. Bien qu’il soit programmé avant la fin de l’année rien n’est moins sûr qu’il se tiendra. Le chef du parti, en déclarant cela, sait que ça peut suffire à faire taire les rebelles et que d’ici la fin de l’année d’autres enjeux éloigneront les militants de cette entorse statutaire délibérée. Le référendum sur la révision constitutionnelle prévu par le président de la République d’ici l’automne trouvera seulement les partis de l’Alliance dans une forme politique adéquate et convenable. D’ailleurs hormis, l’UDR, l’ANR et le MDS à s’être prononcés, nos démocrates ont préféré se mettre en congé et n’agir que dans la spontanéité sans débat interne ni préparation militante.Congé ou démission, la classe politique démocrate ne joue et à l’opposition aux normes requises, ne soutient aucun programme, et pire, elle ne propose aucune alternative.
Khaled Zahem
