Qui se souvient de la parade des sept mercredis saints ?

La parade des sept mercredis saints, une tradition ancestrale qui remonte au XVII siècle, voire l’époque où la sainte et non moins poétesse Lalla Khelidja vécut sur les hauteurs du mont du Djurdjura. A l’époque et jusqu’au début des années 1990, c’était un genre de pèlerinage que faisaient les gens de la vallée de M’chedellah et parfois même des gens qui viennent de loin des hauteurs surplombant le village d’Ivelvaren (village natal de la poétesse). Les pèlerins faisaient plusieurs kilomètres à pied, à travers des chemins escarpés menant vers le plus haut sommet de la montagne culminant à 2 800m. Là c’est la grande fiesta! Chacun va de ses moyens pour contribuer au grand concours offert en l’honneur des invités de Yemma Khlidja Tafruht. Des bovins, ovins et caprins sont sacrifiés en guise d’offrande à sa sainteté la maîtresse de Tamgout. La tradition faisait qu’à partir du premier mercredi de la saison d’été, les sept autres, qui suivent, constituaient un rendez-vous pour le pèlerinage à Tamgout. Des logis de fortune sont installés au sommet de la montagne, et l’ambiance festive, qui y règne, donne plutôt l’impression qu’on se trouve dans un festival populaire de grande envergure. C’est là un coin réunissant toutes les sensibilités mais surtout un endroit paisible qui offre la possibilité de vivre une nuit à la belle étoile sur le plus haut sommet du majestueux Djurdjura. A cela s’ajoutent des traditions qui ne laissent pas les gens indifférents. Celle de la fenêtre du vent (ttaq bwadu) en est une des plus importantes car rappelant une tradition séculaire léguée par nos aïeux. Ainsi et à travers une fenêtre imaginaire sur le pic de la montagne, les gens mais surtout les femmes, se ruaient pour appeler leurs proches se trouvant en exil et implorer Dieu et ses saints pour qu’ils reviennent au bercail. Là encore ce sont des scènes émouvantes que les convives de la sainte patronne ont vécu. Cependant, et en dehors du caractère rituel de ces festivités, il demeure intéressant de souligner son importance du point de vue culturel dans la région qui possède une longue histoire et un riche patrimoine. La tradition orale sur laquelle, les soirées de la parade sont focalisées,, donne plus d’impact à ces festivités reléguées actuellement aux calendes grecques. En somme si on s’accorde tous à dire que les dures années de braise ont contribué au fait que cette parade s’estompe, il est plus qu’important aujourd’hui, de prévoir sa relance tout en lui imprégnant un caractère plus large encore. Ce que ce festival peut donner à la région n’est pas à démontrer malgré que des projets rentrant dans le cadre de la promotion touristique somnolent encore dans les tiroirs des administrations. Pour la commune de Sahardij, dont le territoire de compétence couvre les lieux où jadis ces festivités se déroulaient, ça sera un grand apport qui lui permettra de sortir de sa léthargie. A bon entendeur, salut !

Lyazid Khaber