Les villes se réveillent… le soir

Dix heures du matin : les rues sont encore désertes à part quelques cafés et autres débits de boissons ainsi que quelques rares restaurants qui accueillent les clients de passage. Tout comme l’Espagne ou le Mexique la grasse matinée ainsi que les siestes ont fini par s’ancrer dans nos mœurs et les portes des maisons sont gardées closes pour conserver le plus longtemps possible la fraîcheur accumulée à l’intérieur de ces dernières durant la nuit. Les principales villes de la daïra telles que M’chedallah, Raffour, le Carrefour, Chorfa Takarboust, la gare ou le chef-lieu de Saharidj ne voient leurs rues s’animer de nouveau qu’après une heure avancée de la nuit. Quant aux fêtards, ce n’est qu’au petit matin qu’ils s’apprêtent à…dormir après avoir abreuvé les riverains de musique « robotique » distillée à pleins décibels à partir de baffles géants installés sur les plus hautes terrasses afin de porter le plus loin possible leurs notes…diaboliques. Malgré la défaillance par endroits de l’éclairage public dans toutes ces petites villes, des familles attendent le rafraîchissement de la température ramené par les ténèbres pour sortir prendre un bol d’air moins chaud, certains restent devant le pas des portes, d’autres déambulant à travers les artères principales ou font du « lèche-vitrines » bien achalandées par les commerçants pour faire du « tape-à-l’œil » avec vitrines géantes le long des façades donnant sur la rue, jeux de lumières multicolores et expositions savantes d’articles féminins dans un décor féerique. La mode cette année en matière d’embellissement des magasins et à l’exposition d’aquariums contenant toutes sortes de poissons exotiques. Les espaces sont partagés entre les deux sexes, les cafés, cybercafés et mosquées sont réservés aux hommes, les friperies, bijouteries et les rares espaces verts pour les femmes, la délimitation est ainsi faite et respectée de tous. Sans être tout à fait désertés les villes et villages de la région accusent une baisse remarquée de l’animation habituelle du jour, les citoyens appelés à se déplacer pour une raison ou autres durant la journée, rasent les murs en recherchant la moindre zone ombragée pour échapper aux rayons ardents du soleil auxquels s’ajoute un important taux d’humidité dû au micro-climat produit par la proximité du barrage Telesdith, ce qui provoque une importante transpiration dès que l’on parcourt quelques dizaines de mètres, exposé au soleil. Ceux ayant une forte corpulence ou les obèses subissent un véritable calvaire, même à l’ombre.

Omar Soualah