Quand la pomme de terre se fait désirer…

Si par excellence l’été, du moins ces derniers mois est prospère en fruits, certains légumes telle la pomme de terre commencent déjà à manquer sur les étals. En effet, pour la pastèque, son prix est tombé au plus bas. Avec la belle production enregistrée dans la vallée, notamment à Draâ El-Mizan ou encore la plaine de Ain Zaouia, ce fruit se vend beaucoup plus à la pièce qu’au kilo, il est cédé entre vingt à vingt-cinq dinars la pièce dont le poids oscille entre quatre à huit kilos. Lors d’une virée sur les champs de Ain Zaouia, il nous a été donné même de constater des camions chargés prendre d’autres directions à l’exemple de Boumerdès. Par contre, s’il y a un légume qui a subi une hausse sensible sur le marché, ce ne peut être que la pomme de terre. Son prix est fixé à trente-cinq dinars le kilo. Pour en savoir plus sur la rareté de ce produit pourtant très demandé, certains marchands de légumes nous ont tout de même donné quelques éléments de réponse. « Actuellement, il n’y a aucune récolte en vue. La pomme de terre que vous voyez est celle stockée dans les chambres froides. Quand un produit commence à se faire rare, c’est la spéculation », nous répond un détaillant qui avoue avoir acquis les quelques cageots exposés devant lui en troisième main. Et un autre d’intervenir pour plus de détails : « Au niveau du marché de gros, toutes les enchères sont permises entre ceux qui monopolisent la marchandise. Une fois qu’un fardeau est arrivé, place aux surenchères. Nous les petits détaillants, nous plions devant eux. Quant à la marge bénéficiaire, elle n’a pas changé pour nous ». Au niveau du marché central de la ville, les clients ne savent plus quoi faire. « Dans les pays qui se respectent, le prix est fixé par rapport au calibre et à la qualité. Ici, ce n’est pas du tout le cas. C’est le même prix », dit l’un d’eux à qui le marchand venait de signifier que c’était à prendre ou à laisser sans commentaire. En écoutant d’autres revendeurs, il nous a été donné de comprendre que la pomme de terre atteindrait les soixante dinars dans les tout prochains jours notamment à l’approche du mois de Ramadhan. En tout cas, peu de marchands continuent à s’aventurer à la vendre. Certains préfèrent écouler un chargement de tomates ou de pastèques. En clair, il y a lieu de s’interroger sur la finalité de tous les fonds qu’accordent les pouvoirs publics aux fellahs dans le cadre des dispositifs mis en place pour encourager le développement agricole, pour que paradoxalement les citoyens continuent à payer aussi cher leurs fruits et légumes.

A. O.