S’il est vrai que les combattants de la première heure connaissaient Amer Ath Chikh, ce valeureux combattant, la nouvelle génération ne sait de lui que des bribes racontées ça et là. Peu de livres font référence à l’homme dont le courage et la droiture n’ont d’égal que son dévouement à la cause nationale pour laquelle il a sacrifié sa vie. Amer Ath Chikh est né à Azrou Kellal, dans la commune d’Ain El Hammam, commune située à 50 km à l’est de la wilaya de Tizi Ouzou. Militant du PPA dès 1937, il n’a cessé, depuis, de se battre contre le colonialisme français. Plusieurs actions de représailles ont été menées contre lui et sa famille par la gendarmerie de l’époque, qui cherchait un prétexte pour l’arrêter. Accusé, à tort, « de détention d’armes, de munitions de guerre et d’atteinte à la sûreté de l’Etat », Amer Ath Chikh entra dans la clandestinité le 2 février 1948. Pour éviter de tomber entre les mains de l’ennemi, il vivait alors dans le Djurdjura et parfois dans la région d’Itouras (Iferhounene). Les perquisitions fréquentes opérées en son domicile ainsi que les intimidations subies par les siens de la part des gendarmes et des cavalier de Michelet, l’ont conduit à envoyer sa famille en Tunisie, chez ses beaux-parents. En 1954, un haut responsable (ce serait Ouamrane nous dit-on) pris contact avec lui pour proposer de mettre à sa disposition des groupes armés afin de se préparer au déclenchement de la lutte armée. Plusieurs éléments du groupe de Amer participèrent, le 1er novembre 1954, à des opérations, contre l’occupant, sous la conduite de Amer Ouamrane à Blida et à Alger. Dès novembre 1954, Amer Ath Chikh assumera la responsabilité de chef policito-militaire de sa région natale, au sein du FLN. A ce titre il fut chargé, plus tard, d’assurer la sécurité de certains responsables pressentis pour participer au congrès de la Soummam, le 20 août 1956. Une dizaine de jours avant, soit le 11 août du même mois, après neuf ans de maquis, Amer Ath Chikh tomba, en compagnie de quatorze de ses compagnons, dans un accrochage à Iferhounène où l’armée française fit intervenir l’aviation. Sa disparition affecta la population qui venait de perdre un de ses meilleurs enfants. L’armée coloniale, rendit à sa façon un bel hommage à celui qui lui tint tête des années durant en diffusant par hélicoptères, des tracts portant le texte « Chikh Amer, dangereux chef de la rébellion, a été abattu. C’était un assassin ». En 1962, la famille Chikh procéda à la ré-inhumation de son fils Amer dans son village natal Azrou Kollal à Ain El Hammam.
Nacer B.
