Du restaurant de luxe jusqu’à la gargote populaire, en passant par les salons de thé et pâtisseries du coin tous connaissent chaque saison estivale une grande affluence et, par ricochet, sont devenues aujourd’hui des créneaux porteurs dans l’activité commerciale. Outre cet aspect commercial, ces établissements sont-ils à la hauteur de l’attente des clients ? Respectent-ils les critères d’hygiène ? Les petits restaurants et les fast-foods du coin, sont ceux qui représentent le plus de carences en matière d’hygiène. Mais même sur les grands boulevards de la capitale, l’hygiène laisse à désirer que ce soit à l’intérieur où à l’extérieur de ces « grands » restaurants et salons de thé. Une simple virée dans ces endroits de la capitale confirme ce constat, qui renforce d’ailleurs les soupçons quant à la propreté des repas préparés. Il y a lieu de signaler aussi que des salons de thé se trouvant au cœur de la capitale ont installé sur les trottoirs des chaises et tables pour leurs clients, laissant à peine un passage pour les piétons. Et comme un malheur ne vient jamais seul, des ordures ont élu domicile devant leurs portes. Leur ramassage se fait irrégulièrement, ce qui représente un stock convoité par les rongeurs et les chats. Les restaurants situés dans l’ex-rue Tanger illustrent parfaitement cette situation qui interpelle à chaque instant les pouvoirs publics et porte quotidiennement préjudice au consommateur. Dans cette même rue, des eaux de couleur noirâtre sont aux abords de ces commerces. Pourtant, ce sont des activités qui devraient atteindre l’excellence en matière d’hygiène. Hélas, même à l’intérieur de ces établissements, le souci de la présentation n’est guère pris en compte. Pas besoin d’équipements sophistiqués, ni même de personnel qualifié, puisque n’importe qui peut cuisiner n’importe comment. Un visage désolant, les cafards grouillent dans la cuisine, la vaisselle et l’huile qui ont servi déjà sont réutilisées. D’autres anomalies sont aussi à relever, comme la préparation des sandwichs « chawarma » de pain, laisse à l’air libre. Rencontré au salon de thé en face de la Grande poste, M.Khoukhi, ancien président de l’Association de solidarité de citoyens au niveau d’Alger-centre a pointé un doigt accusateur contre les pouvoirs publics concernés. Cet ancien responsable a déclaré que les autorités locales ignorent ces anomalies et ne poussent plus les gérants de ces établissements à respecter les règles les plus élémentaires d’hygiène et de propreté. « Certains d’entre eux n’hésitent pas à jeter leurs ordures devant les portes mêmes de leur établissement ». La conséquence est, hélas, des odeurs nauséabondes, décharges dans des endroits où seule la propreté est reine. Les personnes voulant prendre quelque chose à manger seront frappées d’emblée par un paysage qui n’a rien à voir avec les descriptions étonnantes et envoûtantes de la gastronomie. Ce qui mérite d’être signalé est que » la palme » revient évidemment aux quartiers populaires de la capitale où ces commerces poussent comme des champignons. Toutes les personnes interrogées s’accordent à dire que la saison estivale est propice à la propagation d’épidémies. De temps à autre, les bureaux d’hygiène communaux et les services de sécurité de certaines localités opèrent des contrôles dans les restaurants et les marchés pour rappeler à l’ordre les propriétaires peu regardants sur l’hygiène.
Salah Benreguia
