Chef-lieu de daïra…dites vous ?

La ville de M’chedallah, ex-Maillot, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, compte parmi les plus grands centres urbains de la région. Elle est l’une des plus anciennes villes érigées, à l’époque coloniale déjà, comme chef-lieu de commune mixte relevant du département de Grande Kabylie. Cependant, force est de constater, hélas, qu’elle demeure à nos jours à son état embryonnaire ; sans plus. En effet, cette ville, qui peut aisément être qualifiée de capitale de province par sa situation stratégique et par son importance en tous points de vue, attend toujours son développement. Constat : étant chef-lieu de l’une des grandes communes que compte la wilaya de Bouira et de surcroît chef-lieu de la daïra du même nom, M’chedallah reste loin de constituer une ville au sens propre du terme. C’est là un constat qu’on peut vérifier de visu, car beaucoup reste à faire au niveau de cette ville. L’aménagement urbain censé orner les artères de cette perle régionale est ce qui manque le plus. Les ruelles du centre-ville se trouvent dans un état lamentable. Certaines artères sont dans un piteux état pour ne pas dire qu’elles sont totalement délabrées. Les citoyens qui y vivent n’arrivent pas à s’expliquer cet état de fait dégradant d’autant plus qu’aucun projet d’aménagement global de la ville n’est encore engagé. Les quelques petits projets initiés par ci et par là demeurent loin de répondre à la demande en la matière. Ainsi, même les quelques rues et autres cités ayant bénéficié par le passé de quelques aménagements sont, pour ainsi dire, loin d’opérer leur mue. Les espaces verts quant à eux, constituent un rêve pour les Maillotins. Aucun jardin public digne de ce nom n’existe par ici, hormis la petite placette publique se trouvant en face de l’Hôtel de ville, et encore ! La verdure n’est pas pour autant son fort. Même cas pour ce qui est des infrastructures réservées pour les institutions étatiques. Ces dernières sont, pour la plupart des cas, abrités par d’anciennes bâtisses vétustes, de surcroît datant, dans pour certains cas, de l’époque coloniale. A l’exception de quelques institutions ayant bénéficié de nouvelles infrastructures, et qui ne revêtent pas vraiment quelques aspects architecturaux modernes comme il est de tradition ailleurs, le reste continue de patauger dans l’étroitesse et l’exiguïté. Enfin, il n’échappe à personne que beaucoup reste à faire pour parler de ville à M’chedallah. Comme d’ailleurs, des efforts doivent être fournis par les autorités compétentes afin de développer cette localité et la faire sortir de sa léthargie, mais surtout l’expurger du qualificatif de « El Filadj », qui décidément lui colle à la peau. Ainsi, il est certes des projets timidement annoncés en perspective par les autorités locales, mais il faut dire que l’attente n’a que trop duré, et pour ce qui est de la réalisation…qui vivra verra !

Lyazid Khaber