Abdelaziz Belkhadem, chef du gouvernement et secrétaire général du FLN, annonçait à ses militants et aux journalistes dans un discours à l’occasion de l’ouverture de l’université d’été du FLN à Béjaia, que l’Etat respecterait les engagements convenus entre les archs et la chefferie du gouvernement. Des engagements ô combien attendus par les populations qui souhaitent toujours un minimum de satisfaction sur les quatorze ‘’générosités » contenues dans la plate-forme d’El Kseur. Si jusqu’à aujourd’hui, les points traitant de l’indemnisation et des dédommagements pour les victimes du Printemps noir, ainsi que l’annulation des poursuites judiciaires à l’encontre des manifestants ont été plus ou moins satisfaits, il n’en est pas de même pour les autres revendications qui attendent d’être matérialisées. On se rappelle d’une Kabylie meurtrie qui auparavant n’avait déjà pas grand-chose, et qui a sombré en 2001 dans des séries d’émeutes qui ont duré plusieurs semaines, avec pour bilan 126 martyrs sans parler des préjudices financiers. De ce fait, plus pauvre qu’avant et portant le deuil, la région a subi un sérieux revers économique, d’où l’importance de la fameuse remise à niveau de cette portion de l’Algérie par rapport aux autres wilayas du pays. Mais de cette restructuration urgente, aucun signe favorable n’est venu perturber le climat anti-économique qui prévaut dans la région. Tel Sisyphe et son supplice dans le Tartare, la Kabylie qui, inlassablement, porte des revendications d’envergure nationale, est à chaque fois victime du rocher qu’elle doit pousser au sommet d’une montagne et qui retombe systématiquement. Cette condamnation de tradition ancienne, est également un proverbe bien de chez nous « Arçif ussawen ». En plus d’avoir réclamé un minimum de dignité, la population kabyle s’était faite la porte-parole de tout un peuple. Alors que d’immenses espoirs reposaient sur le dialogue entre la chefferie du gouvernement et les archs, ces derniers qui organisent leurs deuxième université d’été semblent être pris de court par les propos du chef du gouvernement qui leur a clairement signifié qu’il n’y avait rien d’autre à attendre de plus. C’est justement sur ce plus que les citoyens s’interrogent. Y a-t-il eu quelque chose de concret pour demander du rab ? De l’argent aurait été attribué pour une relance socio économique d’urgence, mais cette relance a-t-elle eu lieu ? Si oui, elle demeure invisible sur le terrain au vu des chômeurs qui ne cessent d’augmenter le rang des désœuvrés. Le développement local en est arrivé au point où même les opérateurs économiques tant attendus préfèrent s’abstenir plutôt que d’investir dans une région qualifiée d’instable. La fameuse allocation-chômage demandée à hauteur de 50% du SNMG était également une revendication nationale et non pas destinée exclusivement à l’adresse de la Kabylie. Les délégués du Mouvement citoyen et néanmoins anciens partenaires lors du dialogue avec les services de la chefferie du gouvernement auront donc mis finalement plus de deux ans pour décrocher quelques broutilles. Ainsi au vu du ton sans équivoque avec lequel s’est exprimé le chef du gouvernement, on peut d’ores et déjà qualifier le résultat de ces deux années de dialogue comme étant scellé et non négociable. Somme toute, c’est la montagne qui accouche d’une souris.
Hafidh B.
