Six mosquées pour la ville de Tizi-Ouzou

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Pas moins d’une demi -douzaine de projets de mosquées sont retenus par les pouvoirs publics pour la seule ville de Tizi Ouzou, dont les assiettes de terrains et enveloppes budgétaires ont été dégagées. Il existe déjà à Tizi-ville trois mosquées dont deux à concentration importante, celles de la Nouvelle-Ville et du centre-ville. Des six projets en cours, le plus important aura son site à la sortie de Tizi Ouzou vers Alger, face au commissariat central, lieu de station des fourgons de la ligne D.B.K. Tizi Ouzou. Il est vrai, qu’on assiste à un développement de la pratique religieuse, que ce soit par les femmes ou les jeunes qui adhèrent en masse. Le phénomène est inquiétant, il suffit de se rendre le vendredi, à l’heure de la prière, à la mosquée de la Nouvelle-Ville, où des centaines de fidèles affluent pour accomplir le devoir religieux, l’axe routier, sur une importante distance, est bloqué par les voitures des pratiquants. Un fait sérieusement marquant, pousse à l’interrogation, si d’un côté la fermeture des lieux de débauches est apprécié de la majorité, ainsi que la réglementation appliquée sur les bars et les restaurants servant les boissons alcoolisées, en leur imposant la conformité et une carte horaire, de l’autre côté une tendance à la moralisation par l’implantation et la multiplication de lieux de culte suscite interrogations, comme si les choix proposés se réduisent ou à la débauche ou bien à s’enliser dans la religion, alors que les horizons sont divers. C’est la défaillance des tenants du pouvoir politique local (élus et autres), qui a fait que la ville de Tizi Ouzou est à la croisée des chemins, vulnérable à toutes sortes de choix contre-nature à ses convictions. La population lassée du personnel politique en place depuis 15 ans, affairée plus à de fausses hostilités et à des gestions de carrières, qui a assuré leurs mandats de proximité à la hauteur des promesses électorales et besoins réels des citoyens.La preuve tangible de cette déconnexion, est le taux de participation au dernier scrutin où sept Kabyles sur dix ont boudé les urnes. Si aujourd’hui, la lisibilité politique de la région est complexe à maîtriser, pour mieux travailler les options stratégiques, c’est de cette confusion de lecture du futur, que des choix invisibles à la limite de l’extinction d’une région, sont en train d’être opérés.L’histoire récente de la Kabylie interpelle du sang neuf, à même de trouver le véritable antidote au mal rongeur. Sans raccourci aucun, la première matrice responsable de cette déliquescence de la région n’est autre que sa représentation politique, qui d’ores et déjà, commence à signer son retour à l’annonce du calendrier électoral de 2007. On continue à toujours prendre la population pour des dupes éternels, alors que dans des moments de déroute et d’amertume de la région, le confort existe à la capitale ou ailleurs.Ce n’est pas fortuit de remarquer la multiplication de visites par des chefs de partis, visites plus politiques qu’autre chose dans la région, n’apportant dans leurs valises rien de concret au bénéfice de la région. Les gladiateurs s’échauffent pour signer encore leur présence dans cette région, en prévision des prochaines joutes électorales. Le sort et le destin de la région n’ont jamais été leur souci, pire la Kabylie voit son avenir être décidé par des officines dont les choix (proposés) imposés, se vivent comme des greffes au rejet certain par le corps social. Mosquées, lieux de débauche, la région a besoin d’autres projets, ceux-là mêmes aptes à donner de l’emploi, de la prospérité, du développement, du progrès.Les pouvoirs publics sont plus attendus sur le terrain de la facilitation aux investisseurs pour s’installer dans la région, avec des projets productifs et non par des entreprises de casse-croûte et de sandwichs. La région souffre de retard, l’investissement y est une affaire sérieuse, les élus et les pouvoirs publics se doivent d’en être les catalyseurs.

Khaled Zahem

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