Grandiose « Tseviétha » pour le saint aux sept pèlerinages

Plusieurs milliers de visiteurs ont tenu à faire le pèlerinage jeudi et vendredi derniers, au village de Tifra dans la commune de Tigzirt, pour célébrer la fête de « Tseviétha » et se recueillir devant le temple du saint dit « vu sevaâ L’hadjan » ou « le Saint aux sept pèlerinages ». Selon la légende, il y a de cela entre 3 ou 5 siècles, un homme pieux de ce village a effectué sept fois le déplacement vers l’Arabie Saoudite actuelle, pour faire le pèlerinage dans la ville sacrée. Selon les contes mystiques que nous avons recueillis auprès des habitants de ce village, le saint jouissait de pouvoirs surnaturels : « Il prenait le départ pour la Mecque en dernier, et il arrivait le premier sur les lieux. Il prend la route du retour en dernier, et il atterrit le premier au village », nous a raconté Amar Cherkite, l’un des membres du Comité d’organisation de cette manifestation. La veille, des groupes d’hommes et des femmes du village auraient entrepris de grands préparatifs, pour être au rendez-vous. Ainsi, selon les organisateurs : huit (8) quintaux de couscous ont été roulés, préparés et 27 moutons ont été sacrifiés pour le rituel. Il ferait beau voir que les organisateurs ont fait face à ces préparatifs grâce aux dons et offrandes des pèlerins et les bienfaiteurs. Dans la matinée du vendredi, une cérémonie a eu lieu, qui consiste en la levée de l’étendard, qu’on appelle « sendjaâ ». L’on a fait retirer et mis cet étendard dans un coffre, situé dans une maisonnette se trouvant à quelques centaines de mètres du sanctuaire. L’emblème, qui est sous forme d’un tissu de couleurs diverses, et auquel on a joint le drapeau national a été porté dans une ambiance solennelle sur fond de chant religieux, jusqu’au sanctuaire ou « taqubets » où repose le saint aux sept pèlerinages. Par la suite, il a été accroché au devant du temple. Cette cérémonie est à vrai dire le coup d’envoi officielle de cette manifestation. Vers 10h, les pèlerins par milliers, commencèrent à affluer vers ce lieu, qu’on appelle « Ljamaâ n’Tzemurt » ou « la mosquée de l’Olivier ». A midi, les places de ce sanctuaire sont devenues noires par le monde qui arriva en grand nombre de différents horizons. Au milieu de l’une des cours de ces lieux, l’on a étalé des foulards de couleurs vives, un lieu où l’on donna l’ »waâda » ou l’offrande. En contre-partie, des vieux assis dans ce coin, portant des belles tenues blanches, à gorges nouées, n’ont cessé de prier pour les donateurs, et implorant pour eux la baraka du saint. A partir de midi, les pèlerins se sont rassemblés par petits groupes réunis autour de plats de couscous qu’ils ont dégusté avec beaucoup de bonheur. En plus de cette fête qualifiée de grande réussite, il y a lieu de signaler l’impeccable organisation mise en place et dans laquelle rien n’a été laissé au hasard. Ce n’est que vers 15h que les lieux ont été vidés de leurs occupants d’un jour. Les pèlerins repartaient pour d’où ils sont venus et dans leur cœur, plein de baraka prodiguée par ce saint aux sept pèlerinages.

Mourad Hammami