Les grandes vacances, c’est bientôt fini

Cette fin du mois d’août annonce visiblement la fin des grands vacances. Jeudi en début d’après-midi, la RN 43 reliant Jijel à Béjaïa est presque déserte. Seuls les taxieurs de la ligne Jijel-Béjaïa, roulent à tombeau ouvert sur la Nationale. A un moment donné, on a presque peur dès qu’on quitte Melbou-ville pour emprunter la route de la corniche jijelienne, surtout, au niveau du tronçon les falaises – Sahel de la RN 43, sur le chemin qui mène vers la coquette Mansouriah où la Tafna coule au milieu des champs d’orangers. Les premiers frissons commencent à charrier les premières feuilles mortes. On a l’impression que l’automne n’est pas si loin, toutefois, la plaine, s’étalant d’El Kitone jusqu’à Tadarnout, garde encore toute sa verdure. Ailleurs, les premiers souffles de la mi-août ont presque déshabillé la nature. Les 20 km qui séparent Ziama de Melbou paraissent longs en ce jeudi qui est en principe le dernier jour de la belle saison. Au bout d’une demi-heure de route, c’est enfin l’embouchure de la Tafna, l’îlot de Mansouriah est visible. De loin, la grande plage rouge d’Afaghir apparaît déserte, car une plage d’automne est réservée aux solitaires. Quelques kilomètres plus loin, on arrive à Melbou-ville bercé au nord par les flots de la Méditerranée et béni par la sainte patronne d’Ema Melbou. La plage est encore animée, mais il y a peu de campeurs. La majorité des vacanciers a plié bagages, seuls les retardataires sont là pour profiter de ces derniers instants de l’été 2006. L’artère principale qui donne sur la plage est presque vide, les restaurants commencent à baisser rideau. La saison des affaires est terminée pour eux. Pour l’étranger qui ne connaît pas la ville, il lui sera difficile de savoir à quel département appartient Ziama, commune et daïra de la wilaya de Jijel, la ville côtière est surtout peuplée en été par les gens d’Alger, de Sétif et d’émigrés pour diverses raisons. Le tronçon routier Béjaïa-Ziama est excellent pour les automobilistes, à l’exception de la partie de ce tronçon de la RN 43 reliant les falaises à Tiksert deux localités de Melbou (Béjaïa), et bien sûr, il y a la sécurité. A partir de Boublaten jusqu’à El Waldja, les services de la sûreté de daïra font bonne garde. Et puis Ziama Mansouriah reste Ziama Mansouriah, le centre-ville rappelle à bien des égards Tigzirt cette coquette ville balnéaire de la wilaya de Tizi Ouzou (beaucoup de ressemblance). Les habitants de Ziama affichent toujours une pointe d’humour. En prêtant l’oreille aux commérages dans les lieux publics, on sent que la cité des grottes féeriques ne s’est pas départie de son cachet berbéro-romain, à Ziama les At Foughal, Aït Coutam, Aït Karakalla… sont dans la bouche même des bambins qui ignorent le passé de leur ville qui fut jadis la capitale des coutuma et ensuite un petit royaume romain à sa tête la reine romaine Mansouriah d’où vient l’appellation de cette région historique. Sur la plage, seuls les enfants donnent l’impression de savourer les joies de la mer. Les adultes, fatigués pensent déjà au retour, la vie active doit reprendre ses droits, la mer, quelques peu agitée, est loin d’effrayer les enfants, les vagues continuent leur incessant ballet avant de venir mourir sur le vieux port de Fontalond (un colon juif qui s’est installé là-bas dans les années 40) qui sera déserté dans quelque jours. L’après-midi touche à sa fin, le soleil se réfugie derrière les collines des monts Taza, les gens commencent à plier bagages. Les enfants quittent la plage d’un pas lent, ils savent qu’ils ne reverront le bleu de la mer que l’été prochain. Dans quelques jours, ils reprendront le chemin de l’école. Aux environs de 19h (l’heure officielle où se termine la responsabilité des maîtres-nageurs) les derniers véhicules quittent la plage, laissant la côte aux caprices des vagues. Ziama (en particulier la grande Plage rouge) et ses habitants retrouveront leur calme sur les quais, seuls les marins pêcheurs continueront à cohabiter avec la mer, cependant à leur entrée au port, le soir, ils ne retrouveront plus ces clients d’une saison. Ainsi, s’achève le dernier week-end d’une saison bien chaude sur la corniche Jijelienne (la partie est de la Kabylie). Certains ont pris un repos mérité et reprendront leurs activités quotidiennes. Ils ont découvert et apprécié les joies de la mer. D’autre, quelques part, dans les campagnes isolées ont vécu un été pas comme les autres. La canicule, l’isolement et parfois la misère dans cette Algérie profonde, nous rappelle, si besoin est, la triste réalité pour ceux qui ne connaîtront jamais de vacances. Peut-être, l’été prochain, le soleil se lèvera pour tout le monde et, que le ministère des Travaux publics sera à la hauteur d’honorer ses engagements envers les usagers du tronçon Melbou-Ziama de la RN 43 pour que les touristes et les investisseurs soient au rendez-vous.

Sid Ali Djenane