Prêche du vendredi ou crise de nerfs ?

l Les fidèles de la mosquée du chef-lieu de la commune de Saharidj ne risquent pas de somnoler comme on a tendance à le faire à l’intérieur de la mosquée en succombant à la pénombre, l’espace, la fraîcheur et enfin la quiétude du lieu surtout par journées de grandes chaleurs. l’imam qui a officié le prêche de ce vendredi a fait preuve d’une fébrilité inhabituelle en ce lieu de culte en donnant de la voix par saccades nerveuses à pleins décibels qui fusaient d’un haut-parleur du sommet du minaret de la ville ; la tonalité très haute empêchait de saisir la moindre bribe du prêche, sinon son débit d’une voie rageuse, violente, violente est le qualificatif qui sied à la manière « vocale » par laquelle a été mené le prêche de ce vendredi. Une violence de plus, une violence de trop par laquelle on dénature cette religion qui prône la tolérance. Est-ce là la façon de s’exprimer d’un imam devant une assistance comprenant des adolescents et des enfants en bas âge ? Est-ce une manière d’exprimer le respect qu’il doit aux personnes âgées qui viennent accomplir leur devoir religieux ? « L’instituteur a failli être un prophète » souligne un dicton de la littérature arabe, que penser alors d’un imam ? Qui bien avant la décennie écoulée est considéré comme tel ? Sollicité pour trancher dans n’importe quel conflit, consulté sur n’importe quel sujet ou projet, convié à toutes sortes de cérémonies, le premier rôle d’un imam est d’abord de ramener le calme pour parvenir à la paix, le calme il le produit en usant de psychologie, et en s’exprimant d’une voix douce, patiente, des geste lents et étudiés. Un imam nerveux peut-il tenir ce rôle ou se faire respecter ? La qualité d’accueil d’un médecin n’est-elle pas déjà la moitié du traitement ?

O. S.