Aït Ahmed charge un émissaire

C’est un fait inédit que viennent de réaliser les militants du FFS, en organisant des rassemblements de contestation et demander le départ du staff dirigeant actuel du parti, en poste depuis octobre 2004. Le secrétariat actuel a été le choix exclusif de Hocine Aït Ahmed, et dès son installation, le parti a connu de sérieuses secousses liées essentiellement aux luttes de clans pour enfin générer une rupture entre la base et l’équipe dirigeante, qui n’a cessé d’être mise à l’index. L’illustration de la déconfiture quasi générale, est vécue lors du choix des candidatures aux élections partielles, contre le gré et la volonté de la base, le rejet de l’élection sénatoriale par le FFS avec une caution sournoise de quelques dirigeants au candidat du FLN, le recul de voix aux élections locales, tout cela a poussé le FFS dans la zone de turbulence interne et n’arrive pas à s’en remettre. Les contestataires ont étoffé un mémorandum où une batterie de propositions pour le sauvetage de la structure est arrêtée. A deux reprises, les cadres représentants et délégués de plusieurs fédérations ont essuyé une fin de non recevoir du secrétariat national, refusant d’accuser réception du document. Pis, le siège national est déserté par l’ensemble des membres de l’exécutif. Hocine Aït Ahmed, bien au fait des manœuvres en cours, a chargé un émissaire aux fins de lui dresser un tableau exhaustif de l’état des lieux, des tenants et aboutissants de ce qui se trame. Le président du FFS ira-t-il jusqu’à satisfaire la demande de la base qui consiste, en fait, à la dissolution de l’exécutif ? Les militants en rébellion parlent de l’urgence de la réhabilitation des politiques à l’intérieur du parti, en dénonçant la confiscation de la décision politique par l’appareil du parti, tout en insistant à redonner au FFS son identité de force d’opposition. Le volet organique aussi est remis sur le tapis, en exigeant l’application rigoureuse des textes statutaires, la convocation d’un conseil national extraordinaire en présence du président du parti. Des cadres du FFS, partie prenante de la contestation, avouent que la participation du FFS aux échéances électorals est source de crise et de malaise, et ce qui est tacitement demandé, c’est de voir le FFS rejeter les prochaines joutes électorales, que les dirigeants actuels attendent de pied ferme. La colère gagne du terrain dans les rangs du parti, le rassemblement du 14 septembre prochain devant le siège national se veut comme une démonstration de plus au président, afin de trancher dans les brefs délais, et lancer du coup les mécanismes démocratiques défaillants au sein du parti.

Khaled Zahem