Nous sommes les éternels oubliés des autorités”, nous dira d’emblée un habitant de Timezguida, au cours d’une virée que nous y avons effectué. En effet, rien ne va plus, pour ne pas dire que notre passage de ce côté s’apparente plutôt à un voyage dans le temps. Situé à la périphérie du village d’Ath Hammad, au nord-ouest du chef-lieu de la commune de Saharidj, ce faubourg est à plusieurs bornes de la civilisation. Dépourvu de routes dignes de ce nom, sans canalisation d’AEP fiable et sans aucune autre infrastructure à même de changer le mode de vie, relégué à sa plus simple expression des, malheureux citoyens qui y résident. Un citoyen de Timezguida, enseignant de son état, nous a expliqué que par ici, “nous sommes obligés d’avoir une bête de somme dans chaque foyer pour pouvoir accomplir les tâches quotidiennes”. D’ailleurs, ces bêtes continuent à faire office de moyens de transport par excellence, soit pour les travaux de construction et/ou les divers achats, notamment le gaz butane que ces habitants ramènent du village d’Ath Hammad à travers des sentiers battus et escarpés. Le problème de l’eau potable se pose par ici avec acuité, d’autant que le réseau, vieux de plusieurs années, n’arrive plus à étancher la soif des habitants. Notre interlocuteur précise que des doléances de citoyens ont été adressées aux autorités locales sans que celles-ci ne réagissent par des faits concrets. Il est certes un projet de rénovation de ce réseau initié par les services de l’APC de Saharidj, mais les habitants de Timezguida semblent ne pas accorder beaucoup de crédit à ce que déclarent les responsables locaux, car pour eux, ce projet tarde à venir alors que leur cas revêt un caractère d’urgence extrême.Espérons enfin que les doléances de ces malheureux citoyens soient prises au sérieux par les autorités compétentes et que des mesures concrètes soient prises pour faire sortir ce faubourg du néant.
L. Kh.
