La Kabylie en précampagne

Partager

Tout de même, ce n’est guère le désert politique dans la région, du sang neuf s’affirme pour que la population ne soit pas aphone.L’écoute, le captage du discours, l’appréciation des propositions redonne amplement confiance que la société dispose de ressorts pour rebondir, tant que des solutions de rechange du personnel politique sont possibles et existent en qualité meilleure, comparativement à celles qui étaient aux destinées de la région 16 ans durant, depuis l’ouverture politique en 1989. Tizi-Ouzou, chef-lieu de wilaya et les 66 communes qui la composent, connaît un sous développement chronique, dont les causes renvoient à la responsabilité des pouvoirs publics d’une part, ainsi que celle de sa représentation politique (élus) locale. La synergie des deux parties a réussi l’échec dans toute l’étendue de la région où les maux se produisent par quantité industrielle chômage, débauche, prostitution, vol, agressions, violence, alors que la population n’a jamais connu dans ses mœurs ces pratiques d’excès. Lorsque au dernier scrutin, celui de novembre 2005 (élections partielles) où seulement 7 Kabyles sur 10 ont répondu au vote, cela dénote de la volonté collective à se rechercher et remettre en cause, ce qui est proposé. A ce niveau, la nette affirmation des partis comme le FLN et le RND, avec en prime des Indépendants, cela confirme la reconfiguration politique substantielle et profonde, vers laquelle s’achemine la région en prévision du futur calendrier électoral, où désormais, la ville de Tizi-Ouzou connaîtra une échéance électorale des plus plurielles et démocratiques qui soient, avec l’implication de plusieurs acteurs, qui seront de la parie, où la traditionnelle bipolarité politique FFS-RCD relèverait des souvenirs. Le regard porté sur la région par différents acteurs politiques est diversement apprécié, il y va de ceux qui nourrissent une appréhension jusqu’à celui de la sérénité. Du RND au FLN en passant par le mouvement citoyen, et d’autres acteurs restés en wait and see, le constat dégage un élément de convergence. Repenser la région – qui ne peut s’exécuter que par de nouveaux représentants des populations à tous les niveaux électifs – APC/APW/APN/Senat. Nous avons approché le chargé à la communication du RND du bureau de wilaya à Tizi-Ouzou, Tahar Chalal nous dresse un état des lieux très rassurant et de son parti et de la région, pour laquelle le pire est derrière elle.A l’élection partielle de novembre 2005, le parti de Ahmed Ouyahia a réussi une présence dans 41 communes et dispose de 3 municipalités à majorité absolue (Idjeur, Aïn El Hammam, Illilten) et de 5 élus à l’APW. Ce résultat est une satisfaction pour le RND qui totalise 73 élus, en nette amélioration par rapport aux 22 élus du rendez-vous de 2002. Depuis, les cadres locaux du RND passent à la phase de la structuration pour que d’ici la fin de l’année, ils entendent couvrir les 67 communes. Il s’agit en fait de l’application des résolutions de la session du Conseil national tenu le printemps dernier, consistant en des sorties sur le terrain et un contact permanent avec les élus et la société civile. Le renforcement du bureau de wilaya rejoint en fait cette mécanique arrêtée pour mieux s’investir en prévision des futures batailles. Un conseil de wilaya s’est tenu à ce sujet, où il est réitéré les positions de principe du parti de Ouyahia, et arrêté un programme tenant compte de l’évaluation depuis 2005, avec la prise en compte des besoins réels des populations. Les cadres du parti de Ahmed Ouyahia à Tizi Ouzou, par la voix de Tahar Chalal, se montrent très confiants et rassuré de la posture et des échéances qu’a le RND dans le microcosme politique et partisan local. Il étaye son propos, par la perte non insignifiante du terrain de certains partis, qui ont squatté le champ politique. Le RND a réussi à casser la barrière psychologique avec la population, cette dernière a fini par comprendre que le parti d’Ahmed Ouyahia est un parti national, dont le discours est objectif et dénué de toute insanité et invective. Le matraquage, le travail de sape et la campagne d’anathème, menées par une mouvance en perte de vitesse, n’a pas été payante. En dépit des actions de diabolisation, le RND cherche la visibilité politique de la région pour identifier les besoins réels et penser aux voies et moyens à mettre en œuvre afin que le développement local de la région, qui est notre cheval de bataille, aboutisse au profit de la région. Comme nous prenons acte de la dégradation du climat sécuritaire et que le RND manifeste soutien direct aux victimes, de plus nous attirons l’attention des autorités concernées, d’œuvrer à une meilleure présence des corps de sécurité dans la région et à l’Etat de faire son choix stratégique pour la sécurité des biens et des citoyens. Le RND annonce la couleur de faire un forcing dans les prochaines joutes, par la bataille de programmes autour du développement local, tout en affichant un espoir grandissant. Le son de cloche est tout autre dans les rangs du Mouvement citoyen, qui considère explosive la situation en Kabylie et recèle tous les ingrédients de l’ère d’avant-2001, déclare Mustapha Mazouzi. La relation Mouvement citoyen-pouvoirs publics connaît une espèce de grippe, alors que toutes les chances sont données par les archs pour que le dialogue aboutisse, mais il y a à présent une tendance au désengagement de l’Etat dans le dialogue, surtout depuis l’arrivée de Belkhadem. Comme l’a si bien déclaré le porte-parole du mouvement, il n’y a que 20 % de l’accord qui sont appliqués. Ni le mouvement, ni la population ne peut continuer d’attendre, la phase de l’engagement a expiré et laissé place à celle de l’application, mais rien ne vient. Selon toujours Mazouzi, le mouvement n’a pas exploité des situations pour faire du bruit, pour l’unique motif d’avoir mis l’intérêt de la région et de l’Algérie au-dessus de toute considération. La période estivale a servi aux délégués pour mûrir sa réflexion, faire des bilans du mouvement et du dialogue, lors de la tenue de l’université d’été à Béjaïa. Nous avons conclu que les chef de gouvernement font dans la confusion entre leur statut de représentant de l’Etat algérien et de chef de parti, c’est de là que l’opacité est née. Sinon comment aller à contre-sens des déclarations mêmes du président de la République ? Il est à s’interroger où sont passés les 7 800 milliards de dinars, enveloppe promise à la relance économique de la région annoncée à grande pompe. La manipulation a pris le dessus sur tout, et qu’aucun résultat tangible n’existe. La région est poussée dans ses derniers retranchements avec l’évidente faillite des forces politiques locales, dont la mise à nue est prouvée lors des dernières partielles. Le Mouvement citoyen pèsera de toutes ses forces dans les prochaines élections, de façon directe ou indirecte et adoptera une position en temps opportun avec la certitude que rien ne se fera en Kabylie sans les archs.Quand au FLN de Belkhadem, selon Saïd Lakhdari, la structuration du parti dans les 67 communes est chose finalisée, pour se préparer aux futures joutes, où chaque kasma a mis sur pied une commission de choix des candidatures dès à présent. Les élections locales et législatives sont ciblées avec espoir par le FLN.

Khaled Zahem

Partager