Les locataires de la cité des 160-Logements, appelée aussi cité Akkar, n’arrêtent pas d’attirer l’attention des autorités sur la situation qu’ils vivent, depuis bientôt deux ans. Construit dans les années 70, cet ensemble de bâtiments s’est peu à peu dégradé. La situation était telle qu’il a fallu dégager une enveloppe conséquente pour procéder aux multiples réparations. « Ces dernières traînent en longueur et les délais ne semblent pas être respectés », nous déclarent les locataires. Ces derniers ne se plaignent pas des travaux en cours, mais plutôt des désagréments qui portent atteinte à leur cadre de vie. « Nous habitons en plein chantier. Nous ne pouvons rejoindre nos maisons sans enjamber des gravats ou des matériaux de construction ». Des nuages de poussière soulevés au moindre coup de vent ou au passage de véhicules, envahissent les appartements et recouvrent les moindres recoins. « La déformation des ruelles, creusées sur toute la longueur ainsi que les monticules de terre, gênent considérablement le passage des véhicules et même des piétons ». Les gravats issus de certaines modifications s’entassent dans tous les coins de la rue et ce, jusqu’aux endroits réservés habituellement aux jeux d’enfants. Ces derniers n’ont plus de terrain de jeu depuis longtemps et la cité ne se limite qu’à un dortoir pour eux. Pour s’amuser, ils doivent aller ailleurs. Les travaux de réfection de l’assainissement laissent béants les fossés avec les risques d’accident que cela engendre. Là où les ouvriers se sont donnés la peine de reboucher les trous, ce n’est jamais uniforme. Las de vivre une telle situation, les locataires, individuellement ou par le biais de leurs représentants, se sont adressés à toutes les autorités concernées afin que « les travaux avancent », car au train où vont les choses, « la fin n’est pas pour demain, surtout qu’à certains endroits, le travail a été refait à plusieurs reprises », affirme Rabah qui se demande encore dans quel état il va retrouver la cité, si toutefois les travaux sont réceptionnés un jour. Le bitume qui recouvrait les rues est maintenant complètement défoncé. Avec les pluies hivernales mêlées à la terre fraîchement retournée, la boue remplaçant la poussière, il n’y aura plus où mettre les pieds.
Nacer B.
