C’est par le verbe et l’image que Saharidj a ressuscité l’un de ses meilleurs fils en la personne du jeune Hammimeche Khaled décédé le 1er novembre 2005, et ce à travers une exposition de photos et témoignages qui ont retracé la vie d’un digne fils de la région. C’est pour la journée de ce vendredi que le rendez-vous a été donné à ses amis, professeurs et parents. L’amphithéâtre du CEM 27 juin du chef-lieu de la même commune s’est avéré exigu pour contenir les nombreuses personnes venues apporter leurs témoignages. La cour du CEM grouillait de monde ; les moindres recoins sont occupés par des photos, des bulletins, des attestations de succès et autres reconnaissances délivrées par l’université de Boumerdès où il a effectué une entrée remarquée au point d’attirer l’attention de ses professeurs de la filière de pétrochimie, qui l’ont tout de suite pris en charge à titre exceptionnel, décelant en lui les qualités d’un éminent savant et d’un grand homme de cœur et d’esprit. Le défunt Khaled a été de tous les mouvements et organisations populaires, dans le scoutisme, le théâtre, la culture et enfin le sport. A Saharidj, rien ne se fait sans lui, l’avoir dans tel ou tel groupe c’est le succès assuré. On se le dispute, on se l’arrache… De son coté, il ne lésine sur aucun effort et se donne à fond et intelligemment pour la réussite de tout ce qu’il entreprend. Aucun intervenant parmi ceux venus des quatre coins du pays pour apporter leurs témoignages n’ont pu dominer ni surmonter l’émotion qui forme des boules dans leurs gorges. La douleur qui se dégage de leurs traits est un témoignage qui se passe de tout commentaire. A travers les témoignages de ceux qui ont côtoyé Khaled, c’est un portrait d’une rareté exceptionnelle qui s’en dégage. L’un de ses amis, originaire de Skikda, le surnomme sans détours « Krim Belkacem ». Celui de Tizi-Ouzou réplique, dans son intervention, qu’il s’apparente étroitement à Mouloud Mammeri ; quant à l’un de ses professeurs d’université, M. Hadj Arab Mimoun, inconsolable, il le qualifie tout simplement comme étant son fils ; même chose pour l’épouse de ce professeur (le couple originaire de l’Ouarsenis) dont les larmes ne se sont pas desséchées durant tout le temps qu’a durée la cérémonie. L’une de ses amies qui l’a connu à l’université, venue de Tizi Ouzou, reconnaît que si elle s’est débarrassée de son complexe de montagnarde c’est grâce à Khaled qui l’a propulsée à l’avant grâce à ses conseils et orientations. « Mon diplôme, je le dois à Khaled », reconnaît cette étudiante qui a soutenu et décroché un 18 de moyenne, apprend -elle à l’assistance qui répliqua par un tonnerre d’applaudissements. Une autre explosion d’applaudissements s’est produite lors de la proposition et le vœu formulé par l’un de ses amis de l’université, qui souhaite voir la bibliothèque municipale (en voie de réalisation) baptisée au nom de ce jeune hors- pair, ravi à la fleur de l’âge, suite à un malheureux accident à l’université de Boumedès : il ne s’est jamais réveillé. Tout s’accorde à dire que la mort de Khaled est une énorme perte pour le pays en général et sa région qu’il aimait plus que tout au monde, en particulier. La cérémonie a été clôturée par une Waâda offerte par les parents de Khaled et à laquelle a pris part toute l’assistance. Repose en paix Khaled.
Omar Soualah
