Si, pour une raison ou pour une autre, vous ne faites pas le Ramadhan, et que vous êtes obligés de vous rendre dans une grande ville, comme Alger, par exemple, ne vous étonnez pas de trouver restaurants et gargotes fermées. On ne sert pas à manger, le jour. N’allez pas non plus, dans une boulangerie, demander une pizza ou un croissant, en disant par exemple que vous êtes diabétique, cardiaque ou malade des reins, c’est-à-dire que vous souffrez d’une pathologie qui impose la prise de médicaments ou de la nourriture, à des heures fixes : on ne vous comprendra pas. C’est le Ramadhan, on doit jeûner ! Même malade, même voyageur… Si vous êtes étranger, c’est la même chose : non musulman ou musulman, tout le monde est logé à la même enseigne : on ne mange pas, ulach, niet, makache ! Et pourtant, il y a une quinzaine d’années encore, des restaurants ouvraient dans Alger et les grandes villes, pour permettre justement aux malades, aux étrangers ou tout simplement à ceux qui n’observent pas le jeûne, de se restaurer. Et personne ne cherchait à juger personne, la sagesse populaire, disant : « Chacun dans sa tombe », c’est-à-dire, chacun est responsable de ses actes et en aura seul à en répondre, dans l’au-delà ! Même l’Islam recommande la tolérance, en proclamant qu’il n’y a pas de contrainte en matière de religion. La décennie noire, que l’Algérie a vécu, en est sans doute pour quelque chose dans ce recul des libertés…
S. Aït Larba
