La présence algérienne au Sommet de la francophonie de Bucarest, en Roumanie, a été symbolique, alors que beaucoup s’attendaient à une adhésion de notre pays à cette importante institution internationale. C’est que l’Algérie, après la France et quelques pays où le français est langue maternelle, comme la Belgique, la Suisse et le Canada, est le premier pays francophone du monde. C’est ainsi un pays dont l’économie et la diplomatie, notamment depuis l’arrivée du président Bouteflika, ont du poids en Afrique et dans le Tiers Monde.
Si l’Algérie est bien un pays francophone (ce qui ne remet pas en cause sa personnalité ni ses langues nationales, l’arabe et le berbère), c’est aussi un pays où on a le sens de l’honneur et des principes. Or, des ambiguïtés pèsent encore sur la francophonie, avec la loi du 23 Février 2005 qui proclame le caractère positif de la colonisation On se rappelle que l’Algérie est montée au créneau avec la promulgation de cette loi qui proposait d’intégrer, dans les programmes scolaires français, la ‘’reconnaissance » des hommes et des femmes qui ont fait la colonisation. Autrement dit, rendre hommage, aux côtés des grandes figures de la culture française, comme Blaise Pascal, René Descartes, Molière ou Louis Pasteur, aux Bugeaud, Saint Arnaud ou Randon, massacreurs des Algériens, destructeurs des villes et des villages, spoliateurs des terres et des richesses nationales sur lesquelles allaient s’édifier la puissance de la Métropole ! La colonisation doit être à jamais condamnée pour rendre les relations plus sereines entre les peuples qui veulent partager une langue et une culture.
S. Aït Larba
