Comment exprimer la satisfaction des citoyens d’une commune qui se sent abandonnée depuis de longs mois faute d’une route digne de ce nom, route dont tout le monde se plaint et qui en a fait subir des vertes et des pas mûres à tous les usagers ?
Comment dire tout ce que les usagers de ce chemin de wilaya ont vécu, leur CW 250 ressemblant plus à un chemin vicinal qu’à une voie de communication avec Mekla, chef-lieu de la daïra, sise pourtant à 18 misérables petits kilomètres devenus une distance incommensurable en raison des ornières, des nids-de-poule, des affaissements et de la disparition de la mince couche de goudron qui semble remonter aux calendes grecques ? Et dire qu’on a réalisé une route, plus ou moins parallèle à celle-là, pour relier Boubhir (CW 250) à Chaouffa (RN 12), pour rapprocher la zone (décentralisation ou recentralisation ?) du chef-lieu de wilaya, tout en la maintenant éloignée du chef-lieu de daïra. C’est bien vrai que cette nouvelle route-là tout le monde en dit du bien, du fait qu’elle permet d’arriver en un temps moindre à Tizi Ouzou, qu’elle permet de contourner le CW 250 en passant par Chaïb pour aller à Mekla. Mais les usagers se plaignent aussi du tracé qui a plus respecté les méandres du relief que les besoins d’esthétique et de sécurisation du réseau routier.
Le conducteur qui circule sur cette route ne saura jamais que cette côte débouchera brusquement sur une descente puis une série de virages avant de se transformer en une autre côte imprévisible. Le macadam appelle à appuyer sur le champignon tandis que la précaution nécessite une retenue et une plus grande attention. Un camion s’est déjà renversé dans un virage, heureusement sans gravité. Que se passera-t-il lorsque le trafic sera plus intense ? Quant au chemin de wilaya 250, l’entrepreneur chargé de sa restauration mettra bientôt ses machines en chantier, allant de Boubhit à l’embranchement vers Aït Khellil, après le village de Megheira. Pour le tronçon allant de ce point Mekla, il continue, vaille que vaille, de fournir une prestation de services qui a perdu le sens de la qualité, loin des contingences de ce monde insatisfait, attendant toujours que le fameux « assainissement » soit, enfin, « assaini » !
Cet assainissement qui semble rivaliser avec « l’artésienne » dont tout le monde parle, mais que personne n’a jamais vue ! Les maires des trois communes (Aït Khellili, Souama et Mekla) concernées par ce tronçon ne peuvent que répondre pas un appel à la patience, face à un retard que les services de la daïra de Mekla ont dénoncé par écrit. De toutes façons, la route vers Mekla s’offre aux regards avec des trous béants, qui attendent d’être recouverts, des regards sans couvercle ni protection, des amas de terre déposés un peu partout, « n’importe où » comme l’a exprimé un citoyen en faisant la moue. « Là où elle servira à gêner la circulation », a rétorqué un conducteur. « Monsieur Hiver règlera bientôt le problème, y compris celui des détritus qui ornent le décor ! Comment survivra-t-on à la disparition des immondices auxquelles nous sommes habitués ? » sera la sentence d’un vieux qui semble désabusé. Finalement, après le goudronnage du tronçon allant de la sortie de Mekla vers Aïn El Hammam, celui de la route reliant Souama à Ain El Hammam (toujours) et celui de la nouvelle route entre Boubhir et Chaouffa, il est bien temps que les routes intérieures de la daïra de Mekla reçoivent leur part de soins, le temps de la léthargie devant être largement dépassé.
Sofiane Mecherri
