Entre deux pieds et quatre pattes

Cette altercation n’a pu avoir lieu que parce que, chez certains, en ce mois sacré du Ramadhan, les instincts refoulés de la nature humaine referont surface, justifiant cette « extériorisation » et « ces éclats » sur les manques que ne manque jamais de ressentir monsieur Estomac dont la musique en enivrerait plus d’un à plus d’un titre. Nature, quand tu nous tiens !

C’est ainsi que ce jeudi, sur une place publique dont il n’est nul besoin de citer le nom puisqu’elles sont toutes devenues le théâtre de ce genre de situation, un animal à « quatre pattes », laissé libre par son propriétaire à « deux pieds » à donné naissance intentionnellement et innocemment à un esclandre dont tous les témoins à « deux pieds » se sont rassasiés en attendant le « f’tour ». Donc, notre « quatre pattes », abandonné à sa propre volonté par notre « deux pieds », a provoqué l’arrêt de la circulation, puisqu’il s’est permis de recueillir, du bout de sa langue charnue, un morceau de nourriture qui osait traîner en plein milieu de la chaussée, empêchant de ce fait un véhicule d’avancer. Il faut bien ramasser ce qui traîne et qui a si bon goût, non ?

Un autre « deux pieds » présent sur les lieux, a incité le « deux pieds au volant du véhicule à « passer dessus ! » Etait-ce pour s’amuser, passer le temps ou par provocation ? Nul ne le sait !

Toujours est-il qu’entendant cela, le « deux pieds » maître de l’innocent « quatre pattes », a pris la mouche et a interpellé le plaisantin « deux pieds », en lui disant vertement « passe-lui dessus, toi-même, si tu es un homme ! » Et la bagarre s’est déclenchée aussitôt entre les deux « deux pieds », tandis que notre « quatre pattes » s’en est allé tranquillement, comme l’a fait également le « cinq roues » qui n’attendait que le dégagement de la chaussée pour pouvoir enfin démarrer. Il a bien fallu l’intervention des présents pour séparer les deux protagonistes qui ont échangé des coups assez violents et des mots très blessants, se justifiant par la suite sur le manque ressenti par monsieur Estomac qui a fait la sourde oreille.

Moralité : il faut penser que l’intelligence, on devrait la rechercher auprès du « quatre pattes » qui a certainement savouré le menu dont il s’est gavé du fait que les « deux pieds » n’ont aucun respect pour Dame Nature ! C’est un gâteau dont un petit « deux pieds » s’est débarrassé d’un geste négligent imitant en cela les grands « deux pieds ». Cela s’est vraiment passé dans un village de Kabylie.

Sofiane Mecherri