L’oisiveté quand tu nous tiens !

Partager

Dans les fins fonds de la Kabylie, à travers ville et villages, le chômage touche quasiment toutes les couches sociales : pères de familles, célibataires, universitaires, femmes, handicapés… Si pour les “hittistes”, citadins, s’adosser au mur, en revendant cigarettes et cacahuètes, est devenu une tradition par laquelle ils arrivent cahin-cahu, à subvenir du moins à leurs besoins les plus élémentaires, dans les rudes montagnes de Kabylie, les jeunes s’adonnent, en revanche, aux randonnées diurnes et nocturnes à travers les sentiers et routes où le sempiternel rêve de quitter le bled vers d’autres cieux plus cléments et généreux est évidemment au menu de toutes les confidences. Les jours de semaine, comme les week-end, les longues parties de dominos et de belote constituent les seuls moments d’insouciance. Les connexions à l’Internet permettent aussi des moments de rêve où la plupart des jeunes tentent de dénicher des amis virtuels en Occident, histoire de tisser des relations qui les aideraient à “déguerpir” comme ils aiment à la répéter. Ce sont particulièrement les universitaires qui sont légion dans la région et qui sont beaucoup plus tentés par l’émigration et l’Internet, qui demeurent un excellent moyen pour cette catégorie de pouvoir arriver à le faire. La délinquance, la criminalité, la toxicomanie… fléaux qui étaient, jadis, des phénomènes exclusivement urbains, ont gagné aujourd’hui l’ensemble du milieu rural touchant la plupart des villages kabyles autrefois havres de paix. Entre autres raisons de ce pourrissement de la vie quotidienne en milieu rural, c’est précisément le chômage qui ne cesse d’aller crescendo. Des centaines de jeunes arrivent annuellement sur le marché du travail sans aucune perspective. En somme, ne dit-on pas que l’oisiveté est mère de tous les vices ?

Aujourd’hui, nul ne peut réfuter que sans un nouvel essor socioéconomique pour cette région rebelle de Kabylie, dans un authentique plan Marshall pour ce grand territoire meurtri et déshérité, la paupérisation s’accapare sans aucun doute, d’une façon exponentielle. Et pour cela, nous devons attendre…good luck !

I. L.

Partager