C’est au village Ath Yavrahim du côté de Vouhven que l’opération de défonçage du sol a débuté. On s’attelle à retourner la terre qui recevra les semences de la future récolte céréalière et fourragère laquelle, vu les conditions climatiques actuelles, on peut avancer sans risque de se trompter qu’elle sera abondante, n’était-ce le très sérieux problème que pose la spectaculaire prolifération des sangliers qui réduiront de moitié sinon plus le rendement des champs, un fléau qui contribue sensiblement à dissuader les citoyens qui ont l’intention de reprendre le travail de la terre, un fléau signalé de manière recurrente par la presse à travers tout le territoire national et que même des agressions mortelles sur des fellahs sont commises par ces masses de chairs et de muscles que rien n’arrête exception faite d’une balle bien placée.
Ce lieu dit Vouhven est particulièrement prisé par ces voraces qui entreprennent de détruire en une seul nuit un travail de plusieurs semaines. Ces hordes, composées de plus d’une douzaine chacune, sont attirées par les truffes sauvages en abondance dans ces champs et dont raffole le sanglier.
Pour atteindre le fruit qui pousse sous terre, ayant la forme d’une pomme de terre, le sanglier creuse et retourne d’importantes surfaces chaque nuit pour se procurer entre 30 à 50 kg indispensables pour assouvir sa faim, c’est de cette manière que sont détruites les récoltes car là où passent ces bêtes, elles ne laissent derrières elles que des trous béants où rien ne repousse, c’est un problème qui dépasse les seuls agriculteurs et où l’Etat doit se manifester pour leur venir en aide car en plus des récoltes céréalières, ces bêtes causent aussi des ravages à l’arboriculture, aucun arbre fruitier n’y échappe, les plus jeunes sont déracinés et les adultes voient leurs branches sont brisées et leur contenu englouti.
La prolifération du sanglier est en train de prendre la forme d’une catastrophe pour l’agriculture. Les battues périodiques de jadis où étaient alignés les meilleurs chasseurs tireurs d’élite pour réduire le nombre de ces nuisibles bêtes doivent être reprises ne serait-ce que dans les forêts proches et aux alentours immédiats des terres cultivables.
Omar Soualah
