Soirées agréables à Tizi Ouzou

Même si la ville se refuse toujours de céder à un entrain plus endiablé, Tizi s’est tout de même départie de la torpeur qui rongeait les soirées ramadhanesques de ses dernieres années.

Il est vrai que l’ambiance nocturne y demeure toujours courte et mesurée, mais elle est tellement agréable qu’elle a fini par enchanter ceux qui s’y rendent et ceux qui y vivent. Il y a, tout d’abord le retour de ces scènes (carrément disparues de la mémoire collective des Tizi ouzéens) de familles, de couples, ou de grappes de jeunes qui vadrouillent insoucieusement le long des artères principales, ce qui est, en soi, un indice certain de quiétude et de tranquillité.

à la faveur d’une décoration lumineuse sobre mais très attrayante, la grande rue et les deux ronds-poinds qui la quadrillent deviennent, la nuit, plus intéressants à arpenter. Des dizaines de piétons s’adonnent à cela à cœur joie, même si le vacarme qui y règne est à peine moins encombrant que celui de la journée. Au vu de ses immenses ornements lumineux dressés en formes régulières sur les poteaux, et le nombre impressionnant de citoyens qui s’y baladent, on serait tenté de dire qui la ville réapprend tout simplement à vivre. Et pour en arriver là, Tizi à dû se plier en quatre pour se mettre en valeur et balayer certaines manies sociales. De fait, et après l’inquiétante morosité des premiers jours de Ramadhan, les Tizi ouzéens se sont surpris à rompre avec leurs appréhensions accumulées an long des dix ou quinze derniers mois de carême. A la faveur d’un climat sécuritaire fort serein, les gens se sont remis à sortir, les magasins ont réappris à ouvrir, puis, les bonnes vieilles habitudes de « Ramadhan » ont été presque mécaniquement ressucitées. Il faut dire, à cet effet, que les services de sécurité ont déployé des efforts colossaux pour rassurer le citoyen et lui garantir quiétude et sécurité.

L’opération de charme menée par la police nationale a fini par apporter ses fruits puisque l’omniprésence des hommes en bleu dans les rues de Tizi, de jour comme de nuit, a incité bon nombre de gens à délaisser leur fades soirées en face du téléviseur. D’ailleurs, et hormis le bilan régulier dressé périodiquement par les flics, la ville de Tizi Ouzou n’a enregistré aucun cas d’atteinte à la sécurité des personnes dans ses rues les plus fréquentées.

Parlant d’efforts, il serait également très sensé d’évoquer l’immense travail organisationnel accompli par le théâtre régional Kateb-Yacine et la Maison de la culture Mouloud-Mammeri pour assurer des soirées festives et décontractées aux amateurs de l’art et de la chanson. La programmation, au quotidien, d’au moins deux artistes connus dans la région, en plus des « one man show » organisés au petit théâtre de la Maison de la culture, ont été pour beaucoup dans la « résurrection » des soirées ramadhanesques à Tizi Ouzou. Pour preuve, toutes les rues longeant ou menant vers le théâtre Kateb-Yacine demeurent bondées de monde jusqu’à la fin des spectacles, peu avant minuit, assurant, de fait, une animation discontinue en plein cœur de la ville.

Pour le reste, c’est l’arrivée de l’Aïd qui a boosté l’entrain des artères tizi ouzèennes. Comme au bon vieux temps, les familles s’affairent à randonner inlassablement dans les magasins jusqu’à des heures très avancées de la nuit. Les rues Krim-Belkacem et Lamali-Ahmed sont, de loin, les plus fréquentées après le f’tour. En sus de l’éclairage et de la sécurité, c’est dans ces deux avenues que se concentrent le gros des marchands de vêtements. Signalons qu’aux mêmes moments, les mosquées de Tizi Ouzou sont carrément quadrillées par les inconditionnels des « Tarawihs », lesquels y accomplissent leur devoir religieux jusqu’aux alentours de 22h00.

Pour d’autres, c’est le moment de la meilleure partie de dominos, où l’heure de la plus chanceuse passe de loto. C’est selon, car finalement à Tizi, chacun trouve bien son compte !

Ahmed B.