Le congrès d’Aswel

… « ad ten-yerhem Rebbi », met fin à la minute de silence le vieux Dezdeg. Des youyous mêlés aux ulac smah, ulac et aux « dajazayer hura dimuqratiya » fusent de partout. Le vieux, toujours debout, savoure la communion. Maâne, voyant que le ulac smah va crescendo et qu’il était temps d’entamer les travaux, lève la main et invite les conclavistes au silence. Le grand-père explique aux ârchs que le Débat a besoin de leur aide : « mes frères, je fais appel à votre expérience. Débat, comme vous le savez, arrac d tullas-agi-nnegh yettnaghen deg wannar n ibulitik pour nous dire clairement, simplement et sans détours d acu bghan. Et comme tous les Kabyles, militants ou pas, tiennent à dire haut et fort d acu bghan, on s’attend à beaucoup de monde. Et c’est à ce niveau que la logistique des ârchs intervient ». Le président du conclave ouvre une parenthèse pour souligner que les délégués de M’sila, Boumerdès, d’Alger, Sétif et BBA sont les bienvenus. « Vous êtes là en tant qu’observateurs. Et si toutefois vous voulez prendre la parole, n’engagez, s. v. p, que votre personne. Merci », tranche le vieux qui tient à ce que les choses soient claires. H’mimi le pneumatique est inquiet : « Amek, c’est tout ? ». Il pensait qu’il était venu chez les Dezdeg pour réitérer la marche du 14 juin, après le f’tour. Il se lève, et balaie la salle des yeux espérant apercevoir dans la salle une colère émeutière. Rien. Le vieux continue dans sa lancée et soumet une problèmatique à l’assistance : « Tura, il faut opter pour le lieu de la grande rencontre, un lieu à même de contenir près de cinq mille personnes minimum ». Le Béret, Jésus et le Burnous se regardent avec des yeux grands comme ça. « Ihuuh ! », laisse échapper le Béret. « Le Parc des Princes ! », taquine une voix dans la salle. « La Soummam ! », propose une autre voix « . Le stade du 1er-Novembre ! », crie un autre. Les propositions fusent de partout. « Takerboust ! », lance H’mimi, en bombant le torse. Le vieux invite au silence : « je comprends que chacun veuille organiser la grande rencontre dans son village. Cela n’est pas possible, pour des considérations matérielles mais aussi politiques. Il nous faut un terrain neutre am la suisse. Moi, je propose, et je crois que vous allez être tous de mon avis, Aswel. « 

Yettkemmil…

T. Ould Amal