Haro sur la culture du kif !

Le champ découvert était de 1043 plants, équivalant à plus de 215 kg de résine. Il est situé entre les villages de Timzit et Chorfa.

Depuis le 30 juillet dernier, il ne se passe pratiquement pas de semaine sans que les éléments de la Gendarmerie ne mettent au jour d’une nouvelle plantation de chanvre indien dans cette même région de l’ex-daïra d’El-Kseur. Au total, ce sont pas moins de cinq plantations qui ont été découvertes et détruites. La situation prend l’allure d’une campagne ciblée qui n’en finit pas de surprendre.

Cela avait été d’abord l’un effet collatéral d’une enquête menée par la Sûreté de wilaya d’Alger, dans la commune de Aïn-Bénian, qui avait incidemment conduit à la découverte d’une plantation de 500 arbres à Tizi-Ouakal puis 538 autres le lendemain. Un champ d’une centaine de plants sera repéré, une semaine plus tard, à Tifakhfakhine. Le 18 août, on a mis la main sur un autre champ de 510 plants à Boubezzi, dans la commune de Fenaïa-Ilmaten, toujours dans cette même région el-kseuroise.

Mis à part l’arrestation d’une personne qui a transformé son propre jardin en plantation, tous les autres courent toujours. Ceux-ci ont la part belle, d’autant qu’ils opèrent sur des parcelles isolées, le plus souvent propriété des domaines publics.

La Police a de son côté réussi, tout récemment, à mettre la main sur une pépinière dans une zone comprise entre Seddouk et M’Cisna et à en arrêter le propriétaire. Cette pépinière servirait logiquement à alimenter des plantations, mais très peu d’informations sont disponibles sur cette affaire qui reste pendante au tribunal d’Akbou.

La répétition de ce genre de découvertes fait craindre à certains observateurs une nouvelle réorientation du phénomène opiomane dans une optique de production intensive. Ce n’est pourtant pas l’avis du Chef du groupement de la gendarmerie de la wilaya de Béjaïa. Au contraire de certains autres cadres de la gendarmerie qui ont appelé à l’acquisition de moyens de détection aériens sophistiqués, celui-ci se veut serein et nuancé et est loin d’y voir une situation de  » feu en la demeure « .

 » Il s’agit de petites parcelles dispersées dans les montagnes et cultivées par de simples marginaux « , explique le colonel Deramchia qui souligne qu’il n’y a pas lieu de s’en inquiéter plus que de raison. La région offre, selon lui, au moins deux facteurs favorables à la prolifération de ces cultures : un facteur climatique qui fait que les plants découverts dépassent le plus souvent les trois mètres de hauteur et un facteur sécuritaire grevant l’action de services de sécurité. L’ex-daïra d’El-Kseur constitue une zone où l’exGSPC se signale sporadiquement par des actions d’éclats.

La succession de ces découvertes provient, assure toujours le chef de la Gendarmerie, de la collaboration probante des populations.  » Les gens n’hésitent pas à renseigner les services de sécurité quand elles ont la preuve de la prise en charge sérieuse des renseignements fournis « , estime-t-il. La population serait tellement consciente des ravages causés par la drogue qu’elle n’hésite pas à dénoncer aux autorités les personnes qui s’adonnent à ce type de cultures.

M. B.