C’est une interminable file de camions, bennes de gros tonnage qui se suivent à longueur de journées et même pendant la nuit, une intense circulation (jamais égalée) qui s’en va sans attirer l’attention. Si certains de ces camions non couverts, ce qui laisse entrevoir des chargements de sable, d’autres par contre portent des bâches et donnent l’impression d’être lourdement chargés sans que l’on puisse voir de quoi il s’agit. Connaissant la chasse sans répit que donne la wilaya de Tizi Ouzou à la mafia du sable, il n’est pas étonnant de voir des marchands de sable se rabattre de ce côté de la Kabylie où le risque de rencontres avec des barrages des services de sécurité est des moindres, en particulier sur ce tronçon de la RN 30 de M’chedallah à Tizi N’koulal, des contrôles inopinés sur ces camions aux fins de vérifier la légalité de leur activité ne fera de mal à personne. Un autre fait tout à fait curieux que le précédent, est le fait que ces marchands ambulants venant de Tizi Ouzou qui empruntent le même itinéraire pour se rendre aux marchés de M’chedallah et Tazmalt, au volant de fourgons utilitaires bourrés de marchandises qui se chiffrent à des millions de dinars et qui franchissent de nuit le Col de Tizi N’koulal, un véritable coupe-gorge sans qu’ils ne soient inquiétés au moment où une simple brebis qu’on perd de vue un instant disparaît, raflée par des mains expertes en la matière, ces marchands qui marquent dès fois une halte à Saharidj pour prendre un café, ne semblent pas inquiets du tout après avoir traversé ce lieu désert et en pleine nuit encore. Passe encore, que quand ils se rendent aux marchés, ils n’ont que la marchandise, mais au retour après l’avoir écoulée, nous imaginons facilement la recette en possession et en liquide de chacun de ces marchands, sachant que la majorité d’entre eux, font dans l’habillement et la chaussure de hautes qualités idem pour ceux exerçant dans la quincaillerie et les articles ménagèrs made-in, comment font-ils pour arriver à destination sans problème?
Omar Soualah
