A M’kira et Tizi Gheniff, ils étaient venus très nombreux en ce dimanche pour accompagner Rahal Saïd dit « Amahvoul » à sa dernière demeure, sous les chênes lièges entre son père et sa mère, faisant face au Djurdjura et à la maison natale, à l’âge de 53 ans, en ne laissant que son bon souvenir. En effet, depuis l’annonce de sa maladie et de son hospitalisation au CHU de Tizi Ouzou, les associations et les comités de villages s’étaient mobilisés pour le sauver en lui assurant surtout une prise en charge afin de le faire opérer le plus vite possible au lieu d’attendre le mois de septembre, comme il a été prévu au niveau du centre hospitalier. Cependant, la nouvelle de sa mort est tombée tel un couperet en cette matinée du samedi.
« J’ai connu Saïd « Amahvoul » lorsqu’il est rentré à l’école. Nous étions des gosses. Nous nous amusions beaucoup avec lui, d’autant plus qu’on lui faisait faire des tas de bêtises », nous raconte cet enseignant tout en ajoutant que le défunt n’était pas aussi fou que cela, car dans la localité, tout le monde savait qu’il était très intelligent. Au demeurant, le défunt est très connu, plus que toute autre personnalité à travers toutes les daïras de la vallée sud de la wilaya. En attendant son inhumation, les présents n’arrêtaient pas de raconter les centaines d’anecdotes dont il était le héros. « Dernièrement, j’ai rencontré à Alger un policier qui faisait partie de la compagnie anti-émeute dépêchée à M’kira, lors des événements du Printemps noir. La première question qu’il m’avait posé était de savoir ce que devenait Saïd « Amahvoul » dont il a gardé le souvenir car il leur avait non seulement vraiment mené la vie dure mais le comble, il n’hésitait pas à l’heure des repas de se rendre chez les policiers pour se rassasier et se faire des provisions tout en les attaquant par la suite ».
A la fin de l’enterrement, sur tous les visages se lisaient les regrets de ne pas l’avoir sauvé mais aucun n’aurait découvert sa maladie qu’il gardait pour lui-même jusqu’au moment fatal.
« Saïd Amahvoul est parti mais il avait pris soin de s’immortaliser en réalisation deux ou trois clips que des jeunes de la localité lui avaient fait le plaisir de mettre sur l’Internet. Sacré Saïd ! », se dit Aâmi Slimane tout en quittant le cimetière.
Essaïd N’Aït Kaci
