Les travaux avancent à… pas de tortue

L’achèvement des travaux de modernisation de la RN 30, vu la cadence avec laquelle ils sont menés, risque de s’étaler sur la même période que le… métro d’Alger. Les raisons apparentes sont les moyens dont dispose l’entreprise à laquelle est confié ce projet sur un tronçon de 7 kilomètres de long entre la commune de Saharidj et celle de M’chedallah. D’abord, c’est un matériel vétuste sur lequel se multiplient des pannes dont certaines sont prolongées ; ensuite, ce sont des déplacements assez fréquents des engins vers d’autres lieux dans un incessant va-et-vient ; souvent c’est tout le chantier qui est à l’arrêt et pendant tout ce temps, les usagers de la RN 30, lesquels se comptent quotidiennement par milliers, souffrent le martyr pour franchir cette distance entre les deux villes soit en empruntant la route secondaire via Ath Yavrahim, qui est dans un piteux état, soit une autre piste en terre battue d’Ayachayvou qui devient impraticable à la moindre goutte de pluie. A presque une année du lancement du projet, les travaux sont encore à la première phase qu’est le décapage réalisé à proximité de 70%, soit environ 25% du projet global alors que le marché fait état d’un délai de réalisation de 11 mois. Comment a-t-on fait pour confier un projet d’envergure sectoriel à une entreprise ayant de si faibles moyens ? Dans le cahier des charges de cet entrepreneur est-il fait mention de ces moyens humains et matériels ? Le changement fréquent du type d’engins laisse supposer que ce matériel n’appartient pas à l’entreprise mais ramené par moyen de location. La législation en matière de passation de marchés autorise-t-elle ce supposé état de faits ? C’est bientôt l’hiver. Dès les premières chutes de neige ou de formations de verglas, la piste d’Achayvou serait pratiquement inutilisable. Celle d’Ath Yavrahim deviendrait dangereuse, en raison des pentes à 95° par endroits. L’ancien tracé de la RN 30 est complètement saccagé et enseveli sous les déblais par endroits. Nous nous acheminons tout droit vers une situation de blocage au sens exact du terme, ce qui ne semble inquiéter ni l’entrepreneur ni encore moins les autorités concernées, qui auraient dû faire appel à d’autres entreprises pour accélérer les travaux et éviter une situation… d’impasse au figuré et au propre. Les hautes autorités doivent exiger un rapport descriptif ou effectuer une visite sur les lieux pour constater de visu la situation relatée et prendre les dispositions nécessaires. L’inquiétude de la population est motivée par le souvenir des importantes chutes de neige des deux dernières années. Qu’en serait-il si cette année aussi avait sa part de ces effrayantes tempêtes de neige, surtout avec la principale voie de dégagement en si piteux état?

Omar Soualah