La Dépêche de Kabylie : Quel est votre sentiment après l’organisation de la manifestation d’aujourd’hui ?
ll Karim Tabou : C’est tout d’abord un sentiment de fierté et d’engagement militant. Je pense aujourd’hui que le FFS a défoncé les portes de l’interdit et toutes les barrières qui ont été dressées à la colère populaire. Avec autant de slogans scandés et autant d’énergie et de ferveur de militant, cela démontre que l’avenir est démocratique et que l’Algérie peut espérer à ce que le FFS soit l’instrument par lequel la démocratie va se réaliser.
Qu’est-ce que le FFS propose pour aider la Kabylie ?
ll La problématique n’est pas seulement la Kabylie. Nous sommes venus dénoncer la poursuite de la politique de liquidation physique, de la terreur de la singularisation. Il est clair qu’aujourd’hui nous avons assez d’éléments et d’indices que le pouvoir continue à vouloir calciner et détruire cette région pour empêcher la construction de l’alternative démocratique.
Pour le FFS, l’assassinat de Rabah Aïssat est-il un crime élucidé ?
ll Pour nous, l’assassinat de Rabah Aïssat s’inscrit dans cette entreprise de destruction de cette région, un message que j’adresse aux Algériens, en leur disant, en voulant réduire au silence la Kabylie, c’est toute l’Algérie qu’on veut réduire au silence. Je passe le message de tous ces jeunes qui ont crié leur colère, qui ont défoncé les barrières dressées depuis très longtemps. Cette énergie, ni le pouvoir ni l’interdit, ni la terreur ne pourront empêcher ce fleuve de liberté qui va certainement emporter le pouvoir avec tous ces supplétifs.
Entretien réalisé par M.H.
