On nous a annoncé à la fin du Ramadhan que la pomme de terre, qui a atteint durant le mois sacré, des prix faramineux, allait revenir, dans les premiers jours de novembre à la raison. Cela s’est produit, effectivement, puisque le fameux tubercule est descendu jusqu’à quarante dinars, prix encore élevé mais loin des 70, voire 100 dinars qu’il avait atteint en octobre. On a même de la pomme de terre neuve et non de la pomme de terre congelée (batata frigo, disent les légumiers), légume que l’on reconnaît à la terre fraîche qui l’enrobe et surtout à son goût incomparable. Alors que les gens espéraient de nouveau savourer les frites ou, les plus gourmets, les tadjines de kbab aux œufs et à la pomme de terre, voilà que les prix s’envolent de nouveau ! 50, 60, 70 et même 80 dinars. Cette fois-ci, on ne nous parle plus de l’insuffisance de la production mais de la décision des producteurs et des vendeurs de stocker la marchandise pour empêcher les prix de baisser ! Ainsi donc, après la mafia politico-finacière, la mafia de la banane, il y a une mafia patatière. Une mafia qui spécule non pas sur un produit superflu, des objets de luxe ou de l’argent, mais sur un produit de large consommation : la pomme de terre. Qui tire les ficelles du complot ? A qui profite le crime ? Où se trouvent les énormes quantités de produits ? Comme toutes les mafias, la mafia patatière a pour loi le silence et pour allié la passivité de ceux qui sont chargés de lutter contre la spéculation…
S. Aït Larba
