Ouyahia veut marquer sa présidence

L’Alliance présidentielle tend à mettre en œuvre une coordination effective sur les grands dossiers politiques de l’heure. C’est ce qui ressort du moins du document produit par la commission de coordination de cette alliance, appelée aussi « comité des neuf ». En effet, Ouyahia veut marquer sa présidence de l’alliance, en jouant le rôle de locomotive sur quelques dossiers qui bénéficient de l’adhésion des trois partis coalisés. Ainsi, la commission de coordination de ce conglomérat de partis politiques cherche à maintenir l’initiative politique entre les mains des trois partis alliés au sein du gouvernement, dans le but de préparer les législatives et maintenir, du coup, leur mainmise sur les deux chambres du Parlement. C’est dans ce sens que les partis de l’alliance ont fait 12 propositions pour approfondir le travail commun de ces formations politiques. L’un des points essentiels de ces propositions évoque la possibilité d’une coordination étroite entre les trois partis, pour garantir la propreté des prochaines joutes électorales, à savoir les législatives et les locales. La commission de coordination parle de transparence et de concurrence loyale. Cependant, les coalisés n’ont pas donné d’indication dans leur document sur les mécanismes susceptibles de garantir des élections propres. L’autre dossier assurant une possibilité de travail commun entre les trois partis de la coalition est relatif à la révision du code électoral et le code régissant les collectivités locales. Plus loin, la commission de coordination propose un travail concerté entre les trois groupes parlementaires, pour la réforme du code du fonctionnement de l’hémicycle de Saidani. Sur ce point précis, le document ne souffle pas un mot sur les articles visés par cette proposition de révision. Il est clair qu’à travers ce document, l’alliance cherche à ravir l’initiative politique à la formation politique majoritaire au Parlement, qui a été d’ailleurs derrière la proposition de révision du code électoral et celui régissant les communes, dans le but certain de renforcer les prérogatives des élus. Ouyahia cherche ainsi à économiser à l’alliance, qu’il préside actuellement, une autre polémique similaire à celle qui a suivi la proposition de l’ex-parti unique pour la révision de la Constitution. D’ailleurs, l’unanimisme de façade affiché par les responsables, lors du sommet de Ben Aknoun, n’a pu effacer la polémique autour de la révision de la Constitution. Ouyahia l’a clairement exprimé, lors de l’émission de la Chaîne III de la Radio nationale « En toute franchise », quand il a réitiré sa position sur la question de la Constitution, en affirmant que le RND refuse de reconnaître à n’importe quel parti politique le droit de réviser la Constitution. L’autre point de discorde entre les trois partis politiques demeure la revendication de la formation islamiste de Soltani qui a pour rappel, demandé la formation d’un gouvernement de technocrates pour préparer les prochaines élections législatives et locales. Depuis le départ d’Ouyahia du Palais du gouvernement, Soltani n’a pas réitéré sa revendication. Ce qui tend à accréditer la thèse qui fait part d’une coordination entre le vieux parti et son allié islamiste pour la destitution d’Ouyahia. Le comportement du HMS à l’approche des législatives renseignera certainement sur cette question qui a failli compromettre l’avenir de l’Alliance présidentielle.

Hadj Bouziane