Il n’était pas né handicapé, M. M. Hamma, mais il l’est devenu, suite à un terrible accident de travail survenu au niveau de l’entreprise Seddiki. Il occupait le poste d’ouvrier, au gré des affectations et des nécessités des chantiers. En 1997, le tapis roulant lui a happé le bras droit et depuis, il vit diminué physiquement, mais aussi en proie aux souffrances qu’il ne cesse d’endurer.
Il a certes été reconnu handicapé par la médecine du travail qui a estimé son handicap à 70%. Il perçoit en conséquence une pension proportionnelle au pourcentage qui lui a été reconnu. Mais celle-ci est loin de subvenir aux besoins de sa famille de 4 enfants à charge. « Je ne peux même pas honorer régulièrement mes factures d’eau et d’énergie électrique, je suis toujours en retard d’une facture chez ces deux organismes ». Il a donc cherché à retravailler chez le même employeur qui a consenti à le reprendre. Mais il estime qu’il n’a pas eu droit à un emploi adapté à sa diminution physique. « Je me retrouve presque au même poste puisque je suis engagé dans une responsabilité que je ne peux plus assumer. J’aurais préféré un poste de gardien plus adapté à mon cas ». Il se félicite tout de même que son employeur ne l’a jamais considéré comme handicapé et n’a pas changé de regard sur sa personne. Mais voilà qu’une faute a été commise et la sanction est tombée. Il a été viré depuis bientôt deux mois. Cette sanction aggrave sa situation déjà précaire. Elle est, selon lui, disproportionnée par rapport à la faute qui lui a été reprochée. Un peu de magnanimité de la part de son employeur serait la bienvenue tout de même envers quelqu’un qui a laissé dans cette entreprise une partie de lui-même.
M. Amarouche
