A l’instar des autres communes de la wilaya et en dépit de sa proximité du chef-lieu de wilaya (17 km), Tadmaït n’échappe pas à la règle. En effet, avec les moyens de bord, dérisoires en sa possession, elle vit un grand problème de transport scolaire. Avec un mini-bus de 25 places, bien de la commune, et une convention passée avec un privé pour un autre de 25 places également, l’APC ne peut guère faire face à la demande pressante des 212 élèves qu’il faut déplacer d’un point à un autre. Le grand bus de 50 places est toujours en panne.
Il attend d’être réparé, faute de moyens financiers pour l’achat de pièces. Les élèves qui en pâtissent le plus sont ceux du primaire et du moyen. Le lundi dernier, au moment de notre visite chez le P/APC, nous avons trouvé comme par hasard les comités de villages venus voir avec le premier responsable de leur municipalité, les voies et moyens pour une meilleure solution. Pour M. Abitet, président du comité de village Hidoussa « le problème de transport dure depuis des années. Les élèves des villages Aït Manar, Sidi Smaïl, Hidoussa sont contraints de faire plus de cinq kilomètres à pied pour se rendre au CEM de Aït Chercher et refaire le même trajet le soir ». « Quant aux élèves du lycée, un mini-bus est mis à leur disposition ». Pour le comité d’Aït Yahia, « nos enfants souffrent énormément. Nous savons que l’APC fait de son mieux, mais avec ce qu’elle a, elle ne peut satisfaire tous les villages ». Avec la dégradation du pouvoir d’achat, le chômage qui fait des ravages au sein des familles, de nombreux élèves risquent de payer les frais : soit c’est un abandon suite à la fatigue par manque de sommeil et d’une nourriture équilibrée, soit c’est l’arrêt des études décidé par le chef de famille qui, le plus souvent, regagne le domicile une fois les enfants endormis et pour ressortir le lendemain aux premières lueurs du jour. Une situation pénible qui pousse l’irréparable. Que reste-t-il de la dignité d’un père qui ne peut offrir le minimum à ses enfants, dans un pays très riche au moment où des milliards de dinars s’évaporent des banques, des bureaux de postes, des entreprises ? La corruption gagne du terrain, les auteurs en fuite ou impunis. Notre interlocuteur soulève encore le problème du transport des étudiants : « Tadmaït compte 500 étudiants et elle n’est pas desservie en matière de transport. Les responsables du Cous refusent de mettre à la disposition de ce demi-millier d’étudiants un transport car Tadmaït ne possède pas de résidence universitaire. C’est aberrant ! Ces étudiants ne sont pas tous du chef-lieu de commune. Nombreux viennent des villages reculés. Ils vivent le calvaire. Les études leur coûtent les yeux de la tête. En marge de la visite du wali à Tadmaït en juin dernier, la directrice m’a promis de régler le problème. Il persiste toujours ». Les comités des villages présents relèvent la bonne volonté des élus qui se démènent pour atténuer les souffrances des citoyens de plusieurs villages.
La concertation dans la recherche des solutions est palpable. « Pour ce problème épineux du transport scolaire, seules des conventions avec le privé peuvent sauver la situation », assurent-ils.
Mohand N’tighilt
