Le Musée d’Auschwitz veut moderniser son exposition

l Le Musée de l’ancien camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau, dans le sud de la Pologne, veut moderniser son exposition, a indiqué mercredi à l’AFP son directeur Piotr Cywinski.

« Elaborée dans les années 50, l’exposition est déjà vieille. Une nouvelle exposition devrait prendre en compte aussi bien tout le nouveau savoir historique acquis depuis, ainsi que les nouvelles méthodologies dans l’aménagement des musées », a ajouté M. Cywinski.

« Il n’est en aucun cas question d’embellir l’exposition ou d’en faire un musée dans le style Disneyland, a-t-il souligné, l’exposition restera d’une grande simplicité, le lieu doit parlera par son austérité ».

« Le Conseil international d’Auschwitz, réuni mardi à Varsovie, a déjà donné à l’unanimité son feu vert à l’élaboration d’une nouvelle conception du musée d’Auschwitz qui sera soumise aux consultations par différents milieux, par les les anciens déportés, les historiens et les conservateurs de musées », a ajouté M. Cywinski.

Les changements concerneront uniquement la partie Auschwitz I, la partie la plus ancienne du camp où se trouve l’actuelle exposition dans les anciens blocs de prisonniers n° 4, 5, 6, 7 et 11.

Auschwitz-Birkenau, la partie du camp éloignée de 3 kilomètres et où a eu lieu l’extermination d’un million de juifs, dans des chambres à gaz pour l’essentiel, n’est pas concernée par les changements.

Là, des travaux de conservation seront réalisés. Il est notamment urgent d’empêcher les ruines des chambres à gaz et des crématoriums de s’enfoncer d’avantage dans la terre pour qu’ils restent bien visibles. Les Allemands les ont fait exploser avant de fuir le camp en janvier 1945.

« Nous voulons que les jeunes sortent après une visite du camp non seulement avec l’image du plus grand drame de l’humanité que fut l’Holocauste, mais aussi avec ce qu’il y avait de positif, l’héroïsme des victimes, l’entraide et la solidarité », souligne son directeur.

Il veut notamment davantage parler dans la nouvelle exposition de la révolte à l’été 1944 du Sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau, l’unité des prisonniers chargée de vider les chambres à gaz et de brûler les corps.

L’exposition devrait aussi parler du silence du monde qui n’a rien fait pour arrêter l’extermination de millions d’être humains.

De 1940 à 1945, environ 1,1 million d’hommes, de femmes et d’enfants, dont une immense majorité de juifs de divers pays d’Europe occupée par les Allemands, périrent dans les camps de la mort d’Auschwitz-Birkenau.

Le réaménagement est également nécessaire pour des raisons pratiques. Plus d’un million de personnes visitent tous les ans le musée. Les poutres du premier étage des blocs d’Auschwitz I risquent de ne pas tenir longtemps à ce rythme, l’exposition doit être limitée au rez-de-chaussée.

Les bâtiments de brique rouge d’Auschwitz I étaient à l’origine des casernes. C’est là que sont exposés par exemple des milliers de valises ou de paires de lunettes ayant appartenu aux victimes.