Trois ans de prison ferme contre un père et son fils pour double tentative d’homicide

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Le père B. S. et son fils B. M. sont accusés de tentative d’homicide volontaire, le premier sur la personne de H. A. et le deuxième sur celle de son frère H. D.. Dans la matinée du jour des faits, B. S. a déposé plainte contre les frères H. A. et H. D. pour agression de son fils B. A. qu’ils ont roué de coups, et pour le fait qu’ils l’ont attaqué lui-même à l’arme blanche.

C’est cette affaire caractérisée, selon les avocats de la défense, par la non-audition des témoins oculaires et par la non-intervention de la gendarmerie lors du dépôt de plainte par B. S. que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à examiner hier. Au cours de sa longue intervention où il a relaté ces événements et établi la culpabilité de B. S. et de B.M., le procureur général a requis à l’encontre de chacun des accusés la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Mais le verdict prononcé par le juge après délibérations a été de 3 ans de prison ferme et de 10 000 DA pour chacun des mis en cause.

Les faits remontent à la journée du 17 mars 2005 et ont eu pour cadre le paisible village d’Ighil Oumessed, dans la commune de Chellata, sur les hauteurs d’Akbou. Ce jour-là, B. A. qui vient d’être licencié de la laiterie B à Akbou, où il travaille, sur dénonciation de l’un des frères H. qui était son supérieur à l’usine, l’a été au motif d’avoir saccagé leur jardin familial et d’avoir malmené sur la place du village leur père qui était malade et battu jusqu’au sang H. D.

Voyant son fils en sang, le père B. S. en homme sage, est alors allé demander des explications aux frères H. Selon ses déclarations au juge, pour toute réponse, il a été attaqué à l’arme blanche et blessé à la main. Le lendemain, à la première heure, il se rend à la gendarmerie de Chellata pour déposer plainte. Mais cette institution, soulignent les avocats de la défense, n’a pris aucune disposition pour calmer les esprits. B. M. qui est le frère de B. A. et le fils de B. S. décide alors de se rendre justice lui-même. Le jour même, alors qu’il était dans sa maison, il voit passer H. D. qui mène ses moutons paître dans les champs, il se saisit d’un manche de pioche et d’une hache et se mit à le suivre hors du village. Et dès qu’il l’eut à sa portée, il a asséné plusieurs coups à la tête. B. M. reconnaît l’avoir assommé avec 3 ou 4 coups de manche de pioche. Mais les certificats médicaux font mention de 6 coups dont certains ont atteint une longueur de 10 cm.

L’hôpital d’Akbou, où il a été évacué, l’a transféré sur le CHU de Tizi Ouzou, vu la gravité de ses blessures.

En fin de journée, vers 9 h, 9 h 30 du soir, en apprenant ce qui vient d’arriver à son frère H. D., H.A. se rend au domicile de B. S. pour explication. Dès qu’il y arrive, il lance des pierres sur la maison de B. S. qui se trouve sur le bas-côté de la route. De son balcon, B. S. demande à H. A. de s’éloigner de sa maison et de les laisser tranquille. Mais devant le refus de ce dernier de quitter les lieux et qui continue de l’insulter, il rentre à la maison et ressort avec un fusil de chasse, il tire deux coups en direction de son antagoniste qui se trouve alors à une distance de 40 à 50 m. La charge de grains de plomb atteindra H. A. à la poitrine mais sans gravité.

Assuré par deux avocats, la défense a plaidé la requalification de l’accusation en coups et blessures volontaires. Les deux accusés, soulignent les avocats, n’ont eu à aucun moment l’intention de tuer. Sinon, ils auraient facilement pu achever leurs victimes. Le fils avait une hache et ne s’en est pas servi et le père un fusil, mais il n’a fait que tirer en l’air, dans le noir.

B. Mouhoub

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