Il ne veut rien entendre. Le gréviste de la faim, originaire d’Ath Bouyoucef, commune relevant de la daïra d’Aïn El Hammam, ne veut pas en démordre (voir notre édition n°1367 du 30 novembre 2006). Son état de santé inquiète ses proches ainsi que de nombreux citoyens qui sont venus aux nouvelles. Plus grave encore, il semble, cette fois, décidé à aller jusqu’au bout. Notons que c’est sa troisième grève de la faim. Lors des deux dernières qu’il a observées, il y a quelques années, « des promesses lui ont été faites, à l’époque, mais n’ont pas été tenues », nous a-t-on rapporté. Depuis l’entame du mouvement actuel, il a élu domicile dans sa voiture, durant les dix premiers jours. Les citoyens venaient lui rendre visite et signer une pétition, en signe de solidarité. Il a réussi à attirer la foule, lors de ses déplacements à Michelet-Ville où il a passé plusieurs jours dans les endroits les plus fréquentés, tel le tronçon entre la poste et le tribunal.
Beaucoup de ses amis et même des passants inconnus, ont essayé de lui faire entendre raison mais il est resté inébranlable. Il ne peut, cependant résister indéfiniment aux effets destructeurs du jeûne. Depuis quelques jours, ses forces commencent à l’abandonner. Il ne peut par conséquent, s’aventurer dehors. Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre « son combat » à la maison. Samedi dernier, dans l’après-midi, tous les membres de l’exécutif de l’APC N’Ath Bouyoucef se sont déplacés pour lui rendre visite. En compagnie de ses deux adjoints, l’Hocine, président d’APC, a tenté encore une fois de le raisonner et de le convaincre de s’alimenter, mais en vain. La rue, quant à elle, devant cet événement inédit, reste dans l’expectative. Elle est partagée quant aux revendications du révolté que chacun juge, suivant « le côté de la barrière » où il se trouve. De toutes façons, on ne peut perdre du temps à se poser des questions pour savoir si la cause de l’Hadj est juste. Ne devrait-on pas plutôt réfléchir aux conséquences qui pourraient découler de son geste ? Quelles que soient nos convictions, nous n’avons pas le droit de laisser mourir bêtement, un homme. N’y a-t-il vraiment rien à faire pour le sauver ?
Nacer B.
