A quand une politique de recyclage des déchets ?

Les villes et villages de la daïra de Souk El Tenine offrent un spectacle désolant, croulants sous d’impressionnantes quantités d’ordures ménagères ou industrielles. A défaut d’inculquer à la société, par le biais de l’école et des médias, une culture écologique et mettre en œuvre les moyens idoines pour faire reculer le phénomène de la pollution qui va crescendo, on se limite à établir des procès d’intention, verser dans l’alarmisme lorsqu’on est sur une tribune pour célébrer la Journée internationale de l’environnement. Les autres jours, est-il permis d’éluder une question aussi névralgique ? Le déversement massif de toutes sortes de déchets toxiques directement dans la nature n’entraîne-t-il pas de graves conséquences sur la vie de tous les êtres vivants sans distinction ? Aujourd’hui, les champs sont envahis par les inévitables sachets noirs, les sources hydriques sont en passe d’être toutes polluées par les eaux usées et les cours d’eau autrefois foisonnant de poissons et batraciens sont réduits à de simples mares d’eau stagnantes. Les solutions existent pourtant, pour peu que l’on ne verse pas trop vite dans le fatalisme. Quand bien même il est admis que créer des stations d’épuration ou engager une politique de l’eau coûtera des sommes faramineuses à l’Etat. Mais ne vaut-il pas mieux passer à l’acte tout de suite et passer alors sans perdre de temps à l’éradication de ces décharges sauvages qui empoisonnent notre existence ? N’est-il pas temps de songer, avant qu’il ne soit tard, à mettre les moyens pour traiter les ordures et en tirer profit en procédant au tri des différents matériaux à transformer ? Il est vrai qu’il est, en ces temps de vaches maigres, difficile de se risquer à réclamer aux citoyens accablés par la pauvreté, des taxes écologiques, comme cela se fait dans les pays développés. Seulement, on ne peut éluder indéfiniment ce grave problème auquel il est impérativement urgent de remédier. La simple appréciation des dégâts dramatiques jusque-là occasionnés pour l’environnement ne peut qu’illustrer les conséquences qui, dans 15 ou 20 ans, seraient sans appel.

Faut-il alors continuer à vivre le cauchemar des ordures qu’il est aisément possible de traiter et d’en tirer profit ?

Sid Ali Djenane