Le FLN face aux appétits de ses élus

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Tétanisé par le nombre important de ses élus au moins au niveau d’une vingtaine de wilayas, qui se sont portés candidats aux prochaines élections pour le renouvellement partiel du Conseil de la nation, sans la caution du parti, la direction du plus vieux parti a instruit ses structures de base d’exclure d’office les élus « indélicats ». Par la voix de son porte-parole, Saïd Bouhadja, le parti majoritaire menace ses élus de les faire comparaître devant la commission de discipline du parti.

L’ex-parti unique et à la faveur des échéances électorales est en train de donner l’exemple-type des militants de base animant la scène politique nationale, en l’absence de sensibilités nationales, porteuses d’autres projets politiques.

Partout, la valse du personnel politique entre les deux grandes formations politiques, se fait l’écho du clientélisme, confirmant l’absence drastique de militants de partis.

A Saïda, à titre d’exemple, de source sûre, on évoque le cas d’un sénateur issu du cru, dont le mandat arrive à expiration qui serait en train de faire compagne pour le candidat du FLN. Ce dernier, ne faisant pas l’unanimité au sein de son parti au niveau local, se voit concurrencé par un autre élu du vieux parti, « plus balèse » dit-on pour ce genre de challenge.

En face, le RND, et par la voix de son porte-parole, Miloud Chorfi n’est pas resté les bras croisés. Chorfi affirme que son parti a recensé pas moins de 500 élus indépendants et issus d’autres petites formations qui auraient rejoint le parti de l’ancien chef de l’exécutif national, à l’image du maire de Sidi-Aïch dans la wilaya de Béjaïa, le Docteur Brahiti, élu sur une liste indépendante.

Partout donc, les changements de camp et le sureffectif, dans les candidatures pour le prestigieux siège de la Chambre haute du Parlement, surtout dans le cas du FLN, dénotent un manque de visibilité politique certain, au sein d’un personnel politique, habitué à tourner au gré des vents du moment.

Du côté des islamistes, c’est carrément la débandade. Une débandade que le bilan de l’année 2006 dressé par le vice-président du HMS, M.Ménasra, qu’il a d’ailleurs qualifié d’année « blanche » s’apparente plutôt à une tentative chimérique pour tenter de redorer le blason du parti de Nahnah, compromis par plus de sept années de gestion, au sein des gouvernements successifs. Même s’il a tenté de se dédouaner de la prise en main de l’exécutif national par Belkhadem, il n’empêche que les revendications de Soltani avant le départ d’Ouyahia du palais du gouvernement, plaidaient pour cette issue.

Ménasra qui cherche à récupérer le terrain perdu par Soltani qui a fait d’ailleurs les frais d’un véritable coup de « caviar » de la part du Président, à cause de ses récentes déclarations et son excès de populisme, lors de la rencontre walis-gouvernement, veut se repositionner en dauphin, pour maintenir la formation du défunt dans la coalition présidentielle. Le HMS découvre avec « stupéfaction », la montée de la formation de Abdellah Djaballah, son rival islamiste, pourtant en crise. En effet, El Islah présent dans 35 wilayas, devançent de loin le HMS, qui n’est présent lui que dans 16 wilayas, pour les sénatoriales. La formation de Soltani risque d’y laisser des plumes, ce qui explique la radicalisation de « circonstance » de son discours.

En attendant, le courant « démocrate » n’est pas encore sorti de sa torpeur, et les calculs de « leadership » qui l’ont toujours miné. Pourtant, sans ce courant « les institutions élues » demeurent « amputées » et « l’édifice incomplet », disent les observateurs.

Ait Azouaou

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