Abdelaziz Belkhadem, qui n’a pas encore bouclé sa première année à la chefferie du gouvernement, se lance, décidément à corps perdu pour se rattraper sur la scène politico-médiatique. Au-delà de sa stratégie pour modeler les schémas au sein du pouvoir par des déclarations aussi énigmatiques que surprenantes, le chef du gouvernement a bien réussi à amplifier la dénégation qui lui colle depuis toujours.
Sa déclaration au sujet de la fin du dialogue avec le Mouvement citoyen de Kabylie, la semaine dernière, a suscité de vives réactions de la part des délégués des archs qui estiment que l’actuel chef du gouvernement manque de volonté politique pour apporter des solutions à la crise de Kabylie.
«La dernière sortie publique de l’actuel chef du gouvernement quant à la prétendue continuité du processus de mise en œuvre de la plate- forme d’El-Kseur, ne peut être imputée qu’à l’absence de volonté politique d’apporter des solutions objectives et définitives à la crise», est-il écrit dans une déclaration rendue publique, hier, par l’interwilayas des archs à l’issue de leur conclave tenu avant-hier à Boumerdès.
Pour les délégués de l’interwilayas, le chef du gouvernement, qui vient ainsi de rompre avec les engagements pris de son prédécesseur, en sa qualité de représentant de l’Etat algérien et du président de la République, n’est pas, pour autant, prié de reprendre les rounds du dialogue avec eux mais il est interpellé sur des questions qui sont pour lui si frileuses.
«La réelle problématique se pose en effet, au-delà de la question subsidiaire de la fin ou non du dialogue, dans le non-respect des engagements pris au nom de l’Etat concernant, entre autres, le jugement des auteurs et commanditaires des assassinats perpétrés lors des évènements du Printemps noir, le départ des brigades de gendarmerie et leur remplacement par d’autres corps de sécurité, la réparation du déni identitaire, la prise en charge effective de tamazight pour la consacrer langue officielle, le bannissement des pratiques d’abus du pouvoir et de «hogra», la promotion de la citoyenneté et l’instauration d’une véritable République démocratique respectueuse des droits de l’Homme», précisent les délégués du Mouvement citoyen.
Ces derniers n’ont pas manqué, non plus, de «mettre en garde sur les conséquences incalculables de cette fuite en avant tendant à occulter une crise dont les causes demeurent entières». Une mise en garde qui risque fort d’être exécutée sur le terrain tenant compte, notamment, des échéances électorales très proches pour cette année. Ainsi, si les archs ont levé le principe de rejet de toute élection entérinée depuis 2002, le remake n’est pas du tout à exclure, en ce sens que cette question sera abordée lors du conclave ordinaire de l’interwilayas qui se tiendra le 25 janvier prochain à Bejaïa. Lors de la réunion qui a regroupé ce 7 janvier 2007 à Boumerdès les présidences tournantes de l’interwilaya, la décision a été prise de tenir un conclave ordinaire de l’interwilaya à Bgayet en vue de débattre de la suite à donner au dialogue, des échéances électorales et de l’adoption du document de réflexion présenté lors du conclave d’Ath-Abdelmoumen.
Par ailleurs, le Mouvement citoyen s’en est pris contre l’idée de lancer les festivités de «l’Alger : capitale de la culture arabe», qui coïncident «étrangement» avec la journée célébrant le premier jour de l’An Berbère (Yennayer), le 12 janvier prochain.
«Le Mouvement citoyen tient à mettre à l’index les arrières-pensées d’acculturation et de détournement de la journée de Yennayer ; lesquelles arrières-pensées se profilent dans le choix, loin d’être innocent de la date du 12 janvier pour ouvrir une manifestation dédiée exclusivement à une seule composante de la personnalité nationale».
M. A. T
