La fulgurante prolifération des sangliers est en phase d’interdire toute activité en matière d’agriculture en zone rurale : les hordes de ces nuisibles animaux se font de plus en plus nombreuses et, en se déplaçant, détruisent tout sur leur passage, causant des dégâts considérables à l’agriculture, au point de dissuader les petits agriculteurs qui, de guerre las, finissent par baisser les bras et renoncer à travailler la terre à cause de la voracité du sanglier qui en une seule nuit peut détruire et réduire à néant un travail de plusieurs semaines. Poussés par la faim, ils envahissent les champs cultivés, même ceux situés à proximité des villes et villages ; ils leur arrive souvent de fouiner dans les poubelles après avoir chassé les… chiens. Rien ne les arrête, aucune clôture ne peut leur résister, mis à part le grillage zimmerman hors de portée des petites bourses ; quant aux clôtures traditionnelles faites de pieux en bois et branchages, elles ne sont pas un obstacle pour ce puissant animal qui use de sa force pour se frayer un passage et n’en faire qu’une bouchée des potagers et jardins. Repus, il se vautre et roule dans les carrés plantés pour se débarrasser des parasites accrochés à ses flancs. Sa volumineuse panse peut contenir jusqu’à 50 kg de nourriture, ce qui compose sa ration quotidienne. Le nombre de sangliers vivants dans les forêts du territoire national a atteint un seuil catastrophique pour l’agriculture, au même titre qu’une invasion de sauterelles avec une répercussion négative sur l’agriculture et, par ricochet, sur le niveau de vie de nombreuses familles qui ne survivent que grâce au travail de la terre. Affamé, le sanglier dévore tout ce qui lui tombe sous le… groin : Légumes, fruits, céréales, olives, glands et toutes les jeunes pousses, même les feuilles épineuses de figues de barbarie n’échappent point à sa voracité. N’ayant aucun prédateur, excepté le chacal qui s’attaque aux jeunes marcassins quand il arrive à tromper la vigilance des parents, cet animal résiste à toutes sortes de maladies. La multiplication des sangliers s’amplifie davantage d’année en année et la menace sur l’agriculture commence à devenir sérieuse : il n’y a qu’à faire une tournée à travers la campagne pour se rendre compte du nombre de vergers et jardins abandonnés à cause des sangliers pour constater que l’ampleur des dégâts causés par ces destructeurs n’est pas négligeable. Avec leurs seuls moyens, les agriculteurs ne pourront jamais faire face à cette menace, une calamité sur laquelle doivent se pencher les autorités. Et pourtant, le sanglier est un créneau qui peut être rentabilisé.
C’est par millions de têtes que les sangliers peuplent les imminentes forêts à travers le territoire national : par conséquent, ce sont des millions de tonnes de viande fraîche fort appréciée outre-mer, qui se baladent dans nos campagnes sans qu’aucun profit n’en soit tiré. Bien au contraire, ces hordes incalculables de sangliers font la terreur des agriculteurs. L’exploitation de ces troupeaux de sangliers peut se transformer en devises fortes, un créneau qui peut facilement rivaliser avec celui des liqueurs alcoolisées. Dans un monde où tout s’achète et se vend, il serait stupide de continuer à l’ignorer. Avec un net recul du terrorisme, les gastronomes européens ne resteront pas insensibles à une proposition de… « jambons sur pieds » et à des prix compétitifs. C’est une idée qui prêterait à sourire en premier lieu, et pourtant c’est un immense marché dont l’exploitation est illimitée avec une matière première renouvelable et sans frais. Le « gisement » des sangliers ne comporte aucun risque de diminution ou d’épuisement : une femelle met bas entre 14 et 15 marcassins par portée et à raison de deux portées par année. A l’âge de six mois, le marcassin devient adulte et à l’âge de 12 mois la femelle met bas sa première portée. A 15 mois, le sanglier peut atteindre déjà le poids de 150 kg ; deux ans passés, il franchit facilement la barre de 200 kg. Le congelé du bison nous vient du Canada. Pourquoi pas le « sanglier algérien » en… Australie, accompagnant ce vin de Mascara ? L’un et l’autre valent en… rentes. Ils sont logés à la même enseigne du point de vue religieux. Investir dans ce créneau est une manière de relancer l’agriculture et rentabiliser une matière au départ nuisible et inutile.
Omar Soualah
