Après la blue tongue qui a décimé des troupeaux entiers d’ovins durant les saisons d’été et d’automne de l’année 2006, c’est au tour des chiens et des chats de subir une épidémie implacable. La maladie se déclare sous forme d’un abcès qui prend naissance au niveau du « défaut d’épaule » de l’animal atteint. L’abcès en question prend rapidement du volume et devient fatal dès que le cou et la gorge sont atteints. Il paraît que les plus résistants de ces animaux succombent après trois jours d’agonie. Sans l’avoir constaté de visu, nous apprenons cependant de la bouche de quelques citoyens que de nombreux chats et chiens sont morts des suites de cette maladie. Reste à savoir si cette maladie inconnue jusque-là n’est pas transmissible à l’homme ou d’autres races d’animaux. Toujours est-il que les services vétérinaires et ceux de la prévention doivent situer un cas de cette épidémie et procéder aux analyses d’usage pour déterminer l’origine de cette maladie et son éventuelle répercution sur la population, sachant que les chiens et chats sont les animaux les plus proches de l’homme. Nous apprenons de la bouche d’une vieille femme que cette maladie est connue en Kabylie sous l’appellation « Thirthi » et que la seule façon connue jusque-là pour sauver l’animal consiste à vider l’abcès de son contenu (pus) avant que la gorge ne soit atteinte par le gonflement ou l’œdème. La deuxième méthode utilisée par nos aïeux, selon toujours la vénérable vieille, est de cautériser la partie infectée à l’aide d’une faucille chauffée à blanc. La même personne nous apprend que même les bovins, ovins et équidés (ânes, mulets) ne sont pas à l’abri de cette maladie. Souhaitons pour nos éleveurs qu’un feuilleton semblable à celui de la blue tongue ne se réédite point avec cette nouvelle épidémie et espérons aussi voir la machine du « dépistage » se mettre en mouvement et les dispositions nécessaires prises pour pallier toute éventualité.
Omar Soualah
