Il n’est pas de tradition qu’un débit de boissons alcoolisées soit ouvert en plein centre de village dans la région d’Iboudraren. Les citoyens du village Tassaft Ouguemoune manifestent leur colère et démarches pour la fermeture de ce lieu qui prépare le lit à une déchéance quasi totale de la jeunesse du village. Selon les citoyens, le commerce illicite a ouvert ses portes en plein feu des évènements de Kabylie, pendant que la région brûlait. Un huissier de justice de Aïn El Hammam s’est même déplacé sur les lieux le 3 décembre 2006, sur demande des citoyens, et a établi un constat.
La démarche fut poussée plus loin : le procureur de la République est saisi d’une plainte contre le propriétaire le 6 avril 2005.
Il y est dénoncé le commerce illicite de boissons alcoolisées, les jeux de hasard auxquels s’adonnent les consommateurs sur place ainsi que les désagréments causés à l’environnement.
La cour de Ouacifs, siégeant au tribunal de Tizi Ouzou condamna le propriétaire à 6 mois de prison avec sursis assorti d’une amende de
2 000 DA. Ce verdict n’a pas inquiété le concerné puisque son « commerce » continue d’activer, passant outre aux règles morales en dérangeant le voisinage.
Des mineurs sont aussi entraînés à l’intérieur du débit de boissons, où ils consomment à flot. Toutes les autorités sont saisies par les citoyens du village, mais la décision de fermeture n’est pas prononcée à ce jour. Même le responsable du groupement de Gendarmerie de Aïn El Hammam a été destinataire d’une réclamation, mais en vain. La détermination des villageois de ne pas lâcher prise augmente chaque jour, jusqu’à ce que les autorités s’impliquent pour fermer ce débit de boissons illicite, alors que l’autorisation détenue par le propriétaire concerne un commerce de gros. « Il s’agit d’une usurpation d’autorisation », clament les citoyens.
Mohand. R.
